← Toutes les publications

MoCA : exploiter le câble coaxial existant pour un réseau filaire fiable

Photo d’illustration

Dans une pièce où le Wi-Fi est capricieux, deux solutions viennent généralement à l’esprit : tirer un câble Ethernet à travers les murs ou utiliser un kit CPL (courant porteur en ligne). Une troisième voie existe pourtant, souvent négligée : le câble coaxial déjà présent dans les murs. La technologie MoCA (Multimedia over Coax Alliance) permet de transformer cette prise en liaison filaire performante, sans travaux de maçonnerie.

Un réseau filaire sur le câble coaxial existant

Dans de nombreux logements, des prises coaxiales ont été installées dans les pièces principales, souvent à côté des prises Ethernet, mais restent inutilisées depuis l’abandon du câble. MoCA exploite ce support : un adaptateur se connecte au routeur via une prise coaxiale, tandis qu’un second adaptateur est placé à l’endroit où la connexion est nécessaire, pour y relier une télévision, une console ou un ordinateur par Ethernet.

La norme MoCA 2.5 atteint un débit théorique de 2,5 Gbps et une latence d’environ 3 millisecondes, suffisant pour la vidéo 4K et les jeux en ligne compétitifs. Un réseau coaxial peut accueillir jusqu’à 16 adaptateurs. L’installation ne nécessite ni application ni compte : après branchement, la liaison s’établit, souvent par une simple pression sur un bouton.

Coaxial : un compromis entre CPL et Ethernet

Les kits CPL utilisent le réseau électrique, dont les performances varient selon la qualité du câblage et les interférences d’appareils comme les micro-ondes. Le CPL fonctionne en half-duplex, c’est-à-dire qu’il ne peut pas émettre et recevoir simultanément, ce qui limite le débit réel. Le câble coaxial, blindé et conçu pour les hautes fréquences, offre un support plus stable pour la transmission de données.

L’Ethernet reste supérieur en performances brutes, mais nécessite d’ouvrir les murs pour passer les câbles, une opération que beaucoup répugnent à entreprendre. Le câble coaxial, déjà présent dans les pièces où se trouvent téléviseurs et consoles, constitue une alternative sans travaux, offrant une connexion plus fiable que le CPL, bien qu’inférieure à l’Ethernet pur.

Prérequis : splitter MoCA et filtre d’entrée

Avant d’acquérir un kit, deux éléments doivent être vérifiés. D’une part, tout répartiteur (splitter) présent sur le trajet du signal doit être compatible avec la bande de fréquences MoCA (1125–1675 MHz) ; les modèles plus anciens doivent être remplacés. D’autre part, un filtre doit être installé au point d’entrée du câble dans la maison. Ce filtre empêche le signal réseau de se diffuser à l’extérieur du domicile sur la ligne partagée, protégeant à la fois le débit et la confidentialité.

Un kit de démarrage avec deux adaptateurs se situe généralement entre 60 et 100 dollars. L’installation se résume au branchement des adaptateurs et à l’appairage, souvent via un bouton.

Limites : satellites, constructions récentes, travaux en cours

MoCA fonctionne sur le câble et la plupart des fibres coaxiales, mais pas sur les installations satellite comme DirecTV, qui utilisent la bande coaxial différemment. Les constructions neuves tendent à abandonner le coaxial au profit de l’Ethernet direct, rendant la technologie inapplicable. Enfin, si des travaux de rénovation ont déjà ouvert les murs, il est préférable de tirer un câble Ethernet, qui surpasse le coaxial en performance et en pérennité.

Pour une maison finie où l’on ne souhaite pas entreprendre de gros travaux, la prise coaxiale constitue une solution pragmatique entre un prolongateur Wi-Fi et une réinstallation complète. Ce câble, resté en place après la résiliation du service câblé, demeure connecté à travers l’habitation. Pour une zone morte que le Wi-Fi ne couvre pas et que l’on ne veut pas percer, il offre la liaison filaire la plus accessible.

Ce qui est confirmé : la technologie MoCA 2.5 offre des débits jusqu’à 2,5 Gbps et une latence faible sur le câble coaxial existant, avec des kits simples à installer. Ce qui reste à évaluer : les performances réelles dépendent de l’état du câblage, de la qualité des répartiteurs et de l’environnement domestique, et doivent être mesurées dans chaque installation.