NordVPN a publié son premier rapport consacré à la cybersécurité des particuliers. Les données exploitées proviennent d’utilisateurs de ses services à travers le monde, collectées entre janvier et juin 2026. L’échantillon n’est pas représentatif de l’ensemble des internautes, précise l’entreprise. Le document met en avant une évolution des attaques : elles viseraient moins les failles techniques que les faiblesses humaines.
Une sophistication rendue possible par l’intelligence artificielle
Le rapport décrit des tentatives plus abouties qu’auparavant. Là où un simple texto usurpant l’identité d’un livreur suffisait, les messages actuels peuvent intégrer une photo portant le nom de la cible, un message vocal et un renvoi vers un site imitant la plateforme dont l’identité est usurpée. Ces contenus sont produits à l’aide d’outils d’intelligence artificielle, ce qui en facilite la fabrication.
Marijus Briedis, directeur technique chez NordVPN, estime que la principale vulnérabilité réside dans l’instinct humain qui pousse à croire ce que l’on voit et entend. Le clonage de voix par IA est cité comme un exemple concret : un appel passant pour la voix de la victime peut instaurer un climat de confiance chez la personne contactée.
Concentration de l’usurpation sur un petit nombre de marques
Les attaques de phishing par usurpation de marques se concentrent sur un nombre restreint d’acteurs. Selon le rapport, 99 % des attaques bloquées par les outils de NordVPN usurpent l’identité de seulement 300 marques. Microsoft arrive en tête avec 16,12 % des faux messages, devant Roblox (12,32 %), Google (9,94 %) et Netflix (5,99 %). La présence de Roblox, très utilisé par les plus jeunes, illustre le ciblage de publics spécifiques.
Les données personnelles « physiques », matière première des attaques ciblées
Le rapport souligne l’importance croissante accordée à l’acquisition préalable de données personnelles. Plus de 47 % des données échangées sur le Dark Web concernent des informations dites « physiques » : l’adresse postale pour 24,3 % et le nom complet pour 22,98 %. Croisées avec des identifiants numériques, comme les noms de comptes sur les réseaux sociaux, ces informations permettent de constituer un profil complet et de personnaliser fortement les attaques. Un message mentionnant nom, prénom, adresse et numéro de téléphone a davantage de chances d’être cru qu’un message générique.
Ce que cela change pour les utilisateurs
NordVPN recommande de fonder son jugement sur le comportement plutôt que sur les apparences. Selon l’entreprise, les consommateurs sont désormais confrontés à des menaces qui dépassent les capacités des anciens antivirus et filtres anti-spam. Chaque message, e-mail ou demande doit être examiné avec scepticisme et vérifié avant toute action.
Le rapport énumère plusieurs pratiques de protection en amont : utiliser des mots de passe uniques et solides, éventuellement via un gestionnaire de mots de passe ; activer la double authentification partout où elle est disponible ; privilégier les Passkeys quand c’est possible ; ne jamais cliquer sur un lien ni ouvrir une pièce jointe en cas de doute ; tenir à jour appareils et logiciels pour corriger les failles de sécurité.
En cas de piratage ou de fuite de données, les mesures conseillées sont de changer sans délai les mots de passe des comptes concernés, d’en profiter pour modifier les mots de passe identiques ou similaires sur d’autres services, de rester vigilant face aux e-mails, SMS ou appels suspects dans les semaines suivantes même s’ils semblent crédibles, et de prévenir ses contacts si le piratage peut les toucher. En présence de virements frauduleux, un signalement peut être effectué sur la plateforme Perceval.
Ce qui est établi et ce qui reste ouvert
Le rapport confirme une tendance à la hausse des cyberattaques ciblant les faiblesses humaines plutôt que les failles techniques, sur la base d’un échantillon limité aux utilisateurs des services de NordVPN. Les proportions liées aux marques usurpées et aux données échangées sur le Dark Web proviennent de ce même périmètre. L’entreprise anticipe une intensification des manipulations psychologiques exploitant les technologies numériques, sans avancer de calendrier ni de volume. Aucune donnée publique ne permet, à ce stade, de mesurer l’ampleur du phénomène au-delà de cet échantillon.
