Les vidéoprojecteurs à courte et ultra courte focale se sont installés dans le paysage du home cinéma : posés à quelques dizaines de centimètres d’un mur, ils projettent une grande diagonale sans imposer le recul d’un modèle classique. Plusieurs modèles ont été mesurés et comparés, du milieu de gamme au très haut de gamme. Voici ce qui ressort de ces évaluations.
Six modèles passés au banc d’essai
Le Formovie Theater Premium est un modèle à ultra courte focale apprécié pour sa simplicité d’installation : une fois placé à quelques centimètres du mur, l’horizontalité se règle via des molettes latérales et la mise au point électrique s’effectue depuis la télécommande. Il embarque une connectique complète avec plusieurs entrées HDMI et une prise USB. Sa source triple laser simule une image Ultra HD et la fluidité des séquences est jugée impressionnante, avec des couleurs vives. Le contraste mesuré atteint 2557:1. En mode Film, la température des couleurs est relevée à 7534 K pour un Delta E moyen de 7,08, ce qui tire les teintes vers le froid. Sa luminosité dépasse celle du modèle précédent. Google TV anime l’interface et la certification Netflix est présente.
Le Hisense PX3-Pro mise sur des finitions soignées et une construction qui n’est pas compacte. Sa connectique comprend plusieurs entrées HDMI, le Wi-Fi et le Bluetooth, et la mise en place est automatique. Il propose une image Ultra HD simulée avec un bon contraste et une bonne mise à l’échelle ; les couleurs sont vives et les paramètres ajustables finement. Compatible Dolby Vision, il sublime les contenus HDR. L’interface VIDAA est réactive et l’audio est décrit comme ample et intelligible.
Le JMGO O2S Ultra se distingue par sa compacité, rare dans cette catégorie. Il intègre une source triple laser MALC 3.0 dans un petit format et offre une luminosité généreuse qui préserve l’image en journée, à condition de disposer d’un écran technique adapté. La puce 0,47 pouce boostée par le traitement XPR procure un piqué net, et la compatibilité Dolby Vision et 3D s’adresse aux cinéphiles. Le système audio signé Dynaudio est jugé étonnamment ample. En revanche, la fidélité colorimétrique en sortie de carton laisse à désirer et exige une calibration ; un léger effet arc-en-ciel résiduel, propre au DLP, est signalé. Son prix élevé le place face aux références Hisense et Formovie.
L’Epson EH-LS800 est l’un des rares modèles ultra courte focale de la marque. Ses dimensions sont imposantes, avec 70 cm de large et 35 cm de profondeur, et une façade en tissu protège les enceintes. L’installation demande de déterminer la taille d’écran voulue et de régler la netteté via une molette de focus, avec l’aide de l’application Epson. La connectique compte trois entrées HDMI dont une compatible eARC, deux entrées USB-A et une entrée audio optique, plus Wi-Fi et Bluetooth. La luminosité se distingue, avec plusieurs modes d’image (Dynamique, Vif, Cinéma, Naturel). En mode Cinéma, le contraste mesuré est de 2202:1 et le Delta E de 7,14, valeur qu’il est possible de ramener sous 5. L’audio convainc, mais Android TV n’est pas certifié Netflix, ce qui impose de passer par une APK pour la SVoD.
Le Hisense PL2 vise le rapport qualité-prix. Il installe une puce DMD 0,47 pouce de Texas Instruments pour simuler une image Ultra HD, avec des pieds ajustables pour une calibration automatique. Six modes d’image sont disponibles : Standard, Filmmaker, Cinéma Jour, Cinéma Nuit, Dynamique et Sport. Les mesures donnent un contraste de 2397:1, et en mode Filmmaker un Delta E de 5,65 avec une température des couleurs de 6084 K. Le pic de luminosité relevé est de 168 cd/m². L’audio offre une scène large mais manque de profondeur dans les basses. L’interface Vidaa est réactive et complète.
Le Leica Ciné 1 illustre l’arrivée d’un acteur historique de l’optique sur ce segment. Son design rectangulaire soigné n’est pas très compact et sa version « 80 » pèse 13 kg, ce qui limite la mobilité une fois installé. Sa focale fixe oblige à s’adapter, guidé par un assistant. La qualité d’image est excellente, nette, avec une bonne compensation des mouvements, mais le contraste mesuré de 789:1 est trop faible pour ce positionnement tarifaire. Il prend en charge le HDR10+ et le Dolby Vision, et l’interface se montre réactive.
Mesures et limites : ce que les chiffres révèlent
Les relevés effectués montrent des écarts notables entre modèles. Le contraste mesuré varie de 789:1 pour le Leica Ciné 1 à 2557:1 pour le Formovie Theater Premium, en passant par 2397:1 pour le Hisense PL2 et 2202:1 pour l’Epson EH-LS800. La fidélité colorimétrique, exprimée par le Delta E moyen, reste perfectible sur plusieurs appareils : 7,08 pour le Formovie, 7,14 pour l’Epson et 5,65 pour le Hisense PL2 en mode Filmmaker, ce dernier pouvant descendre sous 5 après réglage. Une calibration apparaît donc souvent nécessaire pour retrouver des teintes naturelles.
La luminosité constitue un autre point de différenciation. Le Hisense PL2 culmine à 168 cd/m², l’Epson EH-LS800 se distingue par sa luminosité et le JMGO O2S Ultra mise sur une luminosité généreuse pour rester lisible en journée. Ces performances restent toutefois conditionnées au support de projection : un écran adapté est recommandé.
Ce qui compte avant l’achat
Le choix d’un vidéoprojecteur ultra courte focale dépend d’abord de la distance de projection. Un modèle courte focale classique nécessite entre 1 et 2 mètres de recul, tandis qu’un ultra courte focale peut être placé à moins de 50 cm du mur, parfois jusqu’à 20 cm. Cette caractéristique convient aux pièces où le recul est limité et permet d’intégrer une grande diagonale dans un système home cinéma sans installation encombrante.
Le support de projection joue un rôle déterminant. Un mur parfaitement plat et couvert d’une peinture adaptée convient, mais un écran de projection dédié offre la meilleure qualité d’image. Pour l’ultra courte focale, il faut privilégier un écran portant la dénomination UST et doté de la technologie ALR, qui dévie la lumière ambiante pour éviter les distorsions. Les toiles classiques sont à éviter, leur surface n’étant pas parfaitement plane. Ces écrans restent onéreux, avec des prix démarrant autour de 1 000 euros.
Le budget d’un vidéoprojecteur ultra courte focale s’étend sur une large plage. En entrée de gamme, le Hisense PL2 est annoncé à partir de 1 700 euros, avec une image Ultra HD simulée et une interface connectée. Le cœur de marché se situe entre 2 500 et 3 700 euros, avec des références comme le Hisense PX3-Pro, le Formovie Theater Premium ou l’Epson EH-LS800. Les modèles haut de gamme comme le Leica Ciné 1 dépassent les 8 000 euros. À noter que certaines enseignes affichent des tarifs différents d’un point de vente à l’autre, et que le prix ne garantit pas les meilleures mesures, comme le montre le contraste du Leica.
La durée de vie dépend de la technologie : les lampes classiques se remplacent autour de 3 000 heures pour quelques centaines d’euros, tandis que les sources LED ou laser, non remplaçables, atteignent environ 20 000 heures. Pour le son, les enceintes intégrées suffisent souvent pour la télévision, mais une barre de son reliée en HDMI ou un kit ampli et home cinéma complet améliore nettement l’expérience cinématographique.
Points confirmés et questions en suspens
Les caractéristiques techniques, les mesures de contraste, de colorimétrie et de luminosité, les interfaces embarquées et les compatibilités HDR des six modèles sont documentées. Les prix de lancement ou observés chez différents revendeurs sont également connus. En revanche, les performances en conditions réelles sur la durée, la fiabilité des sources laser et les éventuelles mises à jour logicielles ne sont pas détaillées. Le choix entre ces appareils dépendra donc des priorités de chacun : luminosité, fidélité des couleurs après calibration, compacité ou budget.
