LG commercialise plusieurs téléviseurs sous l’appellation « Mini RGB LED », dont les modèles MRGB9M et MRGB85. Or, d’après les informations disponibles, ces appareils reposent en réalité sur un rétroéclairage Edge LED, sans diodes rouges. La série MRGB96, présentée comme le fer de lance de la marque en matière de RGB Mini LED, se distingue par une configuration différente. Ce point intervient dans un contexte de vives discussions sur la dénomination des technologies d’affichage.
Deux architectures de rétroéclairage bien distinctes
Pour mesurer l’enjeu, il faut rappeler ce qui sépare les deux approches. Un téléviseur Mini LED dispose de diodes de très petite taille réparties sur toute la surface de la dalle. Ces diodes sont pilotées par zones indépendantes : plus le nombre de zones est élevé, plus le rétroéclairage peut s’ajuster finement aux besoins de l’image, ce qui bénéficie en particulier au rendu HDR.
L’Edge LED fonctionne autrement : les barres de rétroéclairage sont logées uniquement sur les bords de l’écran. Le contrôle de la luminosité y est nécessairement plus grossier, puisque la lumière ne peut pas être modulée au même niveau de détail derrière chaque portion de l’image.
Ce que LG indique pour ses différentes gammes
Selon les éléments rapportés, la série MRGB96 de LG utilise une véritable rétroéclairage RGB Mini LED, avec une couverture complète de la dalle et des diodes rouges, vertes et bleues. Ces téléviseurs sont également commercialisés par le fabricant sous l’appellation « Micro RGB ».
Pour les modèles commercialisés sous le nom « Mini RGB », une mention de bas de page évoque une construction dite « Tandem LED ». Le constructeur y précise l’absence de diodes rouges et l’impossibilité pour les puces LED de fonctionner de manière totalement indépendantes les unes des autres. En pratique, cette description correspond à un rétroéclairage Edge LED.
La différence porte donc à la fois sur la présence des diodes rouges et sur la répartition spatiale de la lumière. Dans un cas, les trois couleurs primaires sont produites directement par le rétroéclairage et réparties sur toute la surface. Dans l’autre, l’éclairage provient des bords et le rendu chromatique comme la précision du HDR en dépendent.
Conséquences concrètes à l’achat
Pour l’acheteur, la principale difficulté tient à la proximité des dénominations employées. Un même terme générique, « Mini RGB LED », peut recouvrir des solutions techniques très différentes d’une référence à l’autre. Les mentions complémentaires, comme celle de la construction « Tandem LED », apparaissent dans des textes secondaires qu’il faut chercher.
Il en résulte un risque de confusion au moment du choix : deux téléviseurs présentés avec un vocabulaire proche ne procureront pas le même niveau de contrôle du rétroéclairage, donc pas la même qualité de contraste local ni le même rendu des scènes sombres ou très lumineuses. La série MRGB96, avec son éclairage RGB réparti sur toute la dalle, se situe dans une catégorie technique différente des MRGB9M et MRGB85.
Un climat de contestation dans le secteur
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de désaccords sur la désignation des technologies de rétroéclairage. Une procédure judiciaire a été engagée aux États-Unis par TCL contre Samsung, avec pour motif que certains téléviseurs LCD seraient présentés comme dotés d’un rétroéclairage Mini LED sans en offrir réellement les avantages. Samsung conteste ces accusations, et la décision revient aux tribunaux.
Pour LG, l’existence d’une mention explicative sur la page produit rend un contentieux du même type moins probable, l’information étant formellement accessible. Il n’en reste pas moins que, pour un public non spécialiste, la distinction entre les architectures reste difficile à établir.
Ce qui est établi, ce qui ne l’est pas
Sont documentés : la commercialisation des modèles MRGB9M et MRGB85 sous l’appellation « Mini RGB LED » avec un éclairage Edge LED sans diodes rouges ; l’emploi d’un véritable rétroéclairage RGB Mini LED sur la série MRGB96 ; la présence d’une mention « Tandem LED » dans les informations produit ; et la procédure engagée par TCL contre Samsung aux États-Unis.
Ne sont pas connus à ce stade : l’issue de la procédure américaine, l’éventualité d’une action en justice visant LG, ainsi que toute évaluation chiffrée ou mesure comparative des performances entre les différentes séries. Ces points restent ouverts.



