Blender 5.0 marque une étape importante pour le Video Sequence Editor (VSE), jusqu’ici considéré comme un outil secondaire dans la suite 3D. Cette version introduit une refonte complète du séquenceur, avec des fonctionnalités qui rapprochent l’éditeur vidéo des logiciels dédiés.
Un compositing nodal intégré à la timeline
La nouveauté principale est le Compositor Modifier : il permet d’appliquer une arborescence de nœuds de compositing directement sur une bande dans la timeline du séquenceur. Concrètement, l’étalonnage colorimétrique, l’incrustation sur fond vert (keying), le flou, le glow, les masques, les looks de type LUT, l’aberration chromatique et les vignettes deviennent accessibles sans quitter le séquenceur.
Auparavant, pour bénéficier de telles capacités, il fallait construire l’effet dans le compositeur nodal, le rendre, puis le réimporter dans le séquenceur. Ce détour décourageait l’expérimentation. Désormais, le compositing est un modificateur parmi d’autres dans la pile, ce qui fusionne les workflows d’édition et de VFX dans un espace de travail unique.
Une scène dédiée au séquenceur
Le séquenceur ne dépend plus de la scène 3D active. Il dispose de sa propre scène, sélectionnable indépendamment. Cette séparation permet d’empiler plusieurs scènes dans une même timeline et de passer de l’une à l’autre en faisant défiler, avec une option Sync Scene Time pour aligner les têtes de lecture entre les espaces de travail.
Blender ajoute également des options de rendu dédiées aux images et animations de séquence, ainsi que la possibilité de marquer des scènes comme assets réutilisables depuis une bibliothèque. Pour les utilisateurs qui assemblent des rendus issus de plusieurs fichiers Blender, cette fonctionnalité justifie à elle seule de rouvrir le séquenceur.
Une interface repensée et des outils pratiques
Les propriétés et modificateurs de bande quittent la barre latérale exiguë pour rejoindre l’éditeur de propriétés principal, avec des onglets dédiés. Une nouvelle zone de pied de page regroupe les commandes de lecture et de plage de frames. Par ailleurs, Shift + A insère une nouvelle bande à l’emplacement du curseur, et non plus hors de la timeline. Les outils de sélection cercle et lasso apparaissent dans la barre latérale, aux côtés d’un outil de glissement (slip tool) pour ajuster le contenu d’une bande sans la déplacer.
D’autres améliorations : coller des bandes directement dans la zone de prévisualisation avec Ctrl + V, ajouter des keyframes sans revenir à l’onglet des propriétés, importer en masse des images individuelles sans qu’elles soient forcées en séquence, et supprimer la limite de 512 octets pour les bandes de texte, dont les boîtes englobantes correspondent désormais au texte réel.
Optimisations en cours pour les versions 5.x
Le développeur Aras Pranckevičius documente plusieurs travaux de fond déployés au fil de la série 5.x : détection des bandes opaques pour éviter le rendu des calques entièrement couverts, conversions d’espace colorimétrique plus paresseuses pour réduire les opérations redondantes, et un cache partagé de décodeur vidéo prévu pour la version 5.3, destiné à éliminer les saccades de lecture sur les coupes. Le compositing accéléré par GPU et le décodage vidéo matériel figurent au programme de 2026, sans date précise.
Ce qui est confirmé et ce qui reste incertain
Blender 5.0 est disponible avec ces fonctionnalités. Le Compositor Modifier, la scène dédiée, les améliorations d’interface et les nouveaux outils de sélection sont documentés. Le cache décodeur est annoncé pour la version 5.3. En revanche, les dates de disponibilité du compositing GPU et du décodage matériel ne sont pas connues. La documentation de certaines fonctionnalités reste limitée. Le VSE ne remplace pas encore des logiciels comme DaVinci Resolve ou Premiere, mais l’écart se réduit pour les utilisateurs déjà familiers de Blender.



