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Machine virtuelle sous QEMU : remplacer le double démarrage Linux et Windows

Photo d’illustration

Le double démarrage entre Linux et Windows est une opération complexe et sensible aux pannes, en particulier lorsque les deux systèmes résident sur le même disque. Une machine virtuelle exécutée sous Linux permet de conserver un accès à Windows sans repartitionner ni risquer de casser l’amorçage. C’est la solution retenue par un utilisateur d’Arch Linux, qui décrit le fonctionnement concret de sa configuration QEMU.

Une installation Windows 11 sous QEMU

Faire tourner Windows 11 dans une machine virtuelle est possible, mais demande du travail si l’on suit la voie manuelle. Une alternative plus automatisée, Winboat, prend en charge une partie de la configuration. Pour le transfert GPU, QEMU s’impose, accompagné de l’interface graphique virt-manager. Deux éléments sont nécessaires en amont : une image ISO de Windows 11 et les pilotes virtio-win, qui améliorent la communication entre l’hôte et le système invité.

La configuration dans virt-manager reste longue. Sur une plateforme AMD AM4 à base de Ryzen, il a fallu modifier le fichier XML : activer le mode « host-passthrough » pour le modèle de processeur et ajuster une ligne de la topologie CPU afin d’obtenir des performances correctes. La machine virtuelle a été dotée de 12 Go de RAM, de 8 vCPU (4 cœurs et 8 threads) et d’un disque virtuel de 200 Go. Le choix s’est porté sur Windows 11 LTSC pour éviter le nettoyage logiciel d’une installation standard. L’installation s’est déroulée normalement ; l’ajout des pilotes virtio-win a supprimé une grande partie des saccades constatées. À ce stade, des programmes exclusifs à Windows comme MS Office fonctionnent sans accroc, mais la machine reste limitée à un rôle d’expérimentation sans accélération matérielle.

Transfert du GPU et des périphériques USB

virt-manager permet de transférer des dispositifs PCIe et USB vers la machine virtuelle. Le transfert GPU détache une carte graphique de l’hôte Linux pour l’attribuer entièrement au système invité, qui la reconnaît comme un composant propre et peut y installer ses pilotes. Dans cette configuration, une RTX A2000 a été transmise au client Windows 11, détectée sans problème, puis équipée de ses pilotes. Il suffit ensuite de brancher un câble d’affichage sur la carte pour accéder à la machine virtuelle. Pour un usage sans écran dédié, des bouchons HDMI factices peu coûteux peuvent être associés à une solution comme Looking Glass.

Le clavier, la souris et la manette ont également été transférés en USB. Cette étape ouvre l’accès aux logiciels exclusifs à Windows, notamment ceux qui gèrent les mises à jour de firmware de périphériques comme les casques et les souris : transmettre un dongle USB au système invité et lancer l’utilitaire d’update dans la machine virtuelle est souvent la seule méthode disponible. Une fois les pilotes Nvidia installés, l’accélération 3D est complète et les jeux deviennent jouables, à condition de disposer des ressources allouées, avec un minimum conseillé de 6 cœurs et de 12 à 16 Go de RAM en plus du GPU. C’est la voie privilégiée pour les jeux et les lanceurs dépourvus de version Linux ou incompatibles avec Proton, et un moyen détourné d’accéder au Xbox Game Pass.

Limites et usages réalistes

Tous les programmes ne tolèrent pas une machine virtuelle. La plupart peuvent détecter l’environnement virtualisé et restreindre l’accès en conséquence. C’est le cas de la majorité des jeux dotés d’un anticheat au niveau du noyau, qui bloquent l’exécution pour des raisons de sécurité. Une machine virtuelle Windows accélérée par GPU reste donc un usage de niche, même si elle suffit parfaitement pour des mises à jour ponctuelles de périphériques, opération qui ne nécessite d’ailleurs pas de transfert GPU. Pour cet utilisateur, dont les jeux concernés et les applications exclusives à Windows sont peu nombreux, la machine virtuelle couvre l’ensemble des besoins et a remplacé le double démarrage depuis plusieurs années.

Ce qui est établi et ce qui reste ouvert

La configuration décrite repose sur QEMU, virt-manager, Windows 11 LTSC, les pilotes virtio-win et une RTX A2000 transmise au système invité. Les ressources allouées, les ajustements XML et le transfert USB sont documentés. En revanche, aucune mesure de performance chiffrée n’accompagne ces observations, et le comportement d’autres cartes graphiques, processeurs ou versions de Windows n’est pas évoqué. La compatibilité exacte des jeux et logiciels avec la virtualisation dépend de leurs mécanismes de détection, sans liste établie.

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