Le gouvernement fédéral allemand veut familiariser les enfants avec les actions et l’épargne-retraite privée à un âge plus précoce. Un projet de loi instaure une « Frühstartrente » (rente de démarrage précoce) prévoyant le versement par l’État de dix euros par mois pour les enfants et adolescents âgés de 6 à 18 ans.
Un dispositif progressif dès la génération 2020
Le dispositif démarrera avec les enfants nés en 2020, qui fêteront leur sixième anniversaire en 2026. Les parents d’enfants plus âgés peuvent ouvrir un dépôt, mais ne bénéficieront pas du soutien de l’État. À partir de 2027, une nouvelle cohorte de six ans sera intégrée chaque année. Le coût pour le budget fédéral est estimé à 198 millions d’euros en 2027, puis à 411 millions d’euros par an en 2030.
Fonctionnement du dépôt et versements volontaires
Concrètement, les parents ouvrent un dépôt de retraite auprès d’un prestataire, en ligne et sans obligation de conseil. L’État y verse mensuellement dix euros. Les parents peuvent compléter cette somme par des versements volontaires jusqu’à 6 840 euros par an. À la majorité de l’enfant, le dépôt se poursuit sans rupture dans le cadre de l’épargne-retraite aidée classique.
Un filet de sécurité pour les parents négligents
Pour les parents qui ne s’occupent pas de l’ouverture, l’État met en place à partir de début 2028 un fonds spécial. Les dix euros mensuels sont alors automatiquement investis sur les marchés financiers via un placement collectif. L’enfant pourra ultérieurement transférer ce droit sur son propre dépôt.
Fiscalité et horizon de placement
Les rendements ne sont pas imposés jusqu’à l’âge de la retraite, mais l’épargne n’est en principe disponible qu’à partir de 65 ans. Outre l’accumulation de capital, l’objectif politique est de réduire les craintes précoces liées à la Bourse. Les prestataires devront donc présenter les chiffres et les rendements de manière compréhensible et transparente.
Ce qui est confirmé et ce qui reste ouvert
Le projet de loi existe et fixe les principaux paramètres : âge d’éligibilité, montant, calendrier, plafond de versement volontaire et traitement fiscal. En revanche, ni la date d’adoption définitive, ni les modalités techniques de mise en œuvre, ni la liste des prestataires ne sont précisées. Le texte doit encore suivre le parcours législatif.



