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Snap Specs : premières impressions sur des lunettes AR autonomes à 2 195 dollars

Photo d’illustration

Snap a présenté Specs, ses premières lunettes de réalité augmentée destinées au grand public, à un prix de 2 195 dollars. Le produit est déjà disponible en précommande et doit être expédié « plus tard cet automne » aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France. Lors d’une démonstration d’environ vingt minutes, ces lunettes ont montré qu’elles pouvaient reproduire une partie des fonctions d’un casque de réalité mixte sans boîtier externe, sans manette et sans câble.

Caractéristiques et fonctionnement

Specs se décline en deux tailles de monture : 47 mm et 52 mm. La version 47 mm s’ajuste mieux aux visages plus étroits. Les branches sont épaisses et le poids atteint 132 grammes, soit près du double de celui de lunettes à affichage concurrentes, mais la répartition autour de la tête limite la sensation de lourdeur. Lors de l’essai, les lunettes sont restées stables sur le nez, sans glisser, même en secouant la tête. Cette impression ne vaut toutefois que pour une session courte ; aucune observation n’est disponible sur un port prolongé.

L’interface repose sur deux caméras qui assurent le suivi des mains. L’utilisateur pointe l’index pour déplacer un curseur et rapproche le pouce et l’index pour valider. L’ouverture de la paume donne accès au menu principal et à d’autres raccourcis. Ce suivi s’est montré intuitif et réactif, avec une seule difficulté rencontrée : lorsqu’une mèche de cheveux passait devant une caméra, le curseur se déplaçait de façon erratique, avant de se stabiliser une fois les cheveux écartés. L’affichage est lumineux et lisible, avec une netteté variable selon l’éclairage ambiant. Une fonction d’atténuation réglable est prévue pour les environnements clairs, mais l’essai n’a pas permis de l’utiliser longuement.

Le champ de vision atteint 51 degrés, un peu plus large que celui de la génération précédente. Il reste des situations où le contenu est tronqué ; redimensionner ou repositionner les fenêtres permet d’y remédier, au détriment de l’immersion. Le système d’exploitation, Snap OS, gagne en stabilité et permet désormais d’ancrer une fenêtre pour qu’elle suive les déplacements physiques de l’utilisateur. Cette nouveauté corrige une frustration de la génération antérieure, où il fallait chercher du regard un contenu ancré dans l’espace.

Applications et usages

Snap a mis l’accent sur des applications utilitaires plutôt que sur des démonstrations ludiques. Une navigation piétonne propulsée par Mapbox et une application de traduction capable d’afficher des sous-titres en anglais à partir d’une conversation en italien ont été essayées. Un outil de mesure en RA et une application de tableau blanc pour esquisser des idées complètent l’offre, mais n’ont pas été testés. Pour la productivité, l’ouverture de Google Docs dans une fenêtre de navigateur et la saisie avec un clavier Bluetooth se sont révélées naturelles. Le clavier virtuel intégré, lui, ne conviendrait que pour quelques mots à la fois. Evan Spiegel décrit Specs comme un « ordinateur portable à porter » adapté au travail en réalité augmentée.

Les expériences partagées constituent un autre point fort. Une partie de dominos avec un représentant Snap portant lui aussi des Specs a montré comment deux porteurs peuvent interagir dans un même espace. Ce type de jeu social, plus simple qu’un jeu de rôle immersif, tire parti du format lunettes, plus naturel qu’un casque encombrant pour jouer avec une personne assise à côté de soi. Un mode « voyage » a également été ajouté : il permet de regarder des contenus en streaming dans le navigateur des lunettes lorsque l’utilisateur est passager d’un véhicule en mouvement. La fenêtre suit alors les mouvements du véhicule plutôt que ceux de la tête, ce qui rend le visionnage plus naturel. L’essai s’est limité à une circulation lente dans un parking, mais l’usage semble pertinent en avion ou en train.

Autonomie, connectivité et public visé

Snap annonce jusqu’à quatre heures d’autonomie en usage mixte. L’essai n’a pas permis de mesurer la consommation réelle des applications testées, notamment la lecture de vidéos YouTube ou de séries HBO dans une fenêtre AR. Après environ dix minutes d’utilisation, les branches qui abritent les processeurs Qualcomm étaient chaudes au toucher, sans être inconfortables. La connectivité pourrait aussi limiter l’expérience : le streaming vidéo et la navigation nécessitent une connexion, ce qui restreint l’usage en l’absence de Wi-Fi ou si l’utilisateur ne souhaite pas partager la connexion de son téléphone.

Un étui de charge dédié, vendu 200 dollars, répond en partie à ces limites. Il contient jusqu’à quatre charges supplémentaires et intègre une connexion cellulaire autonome, en partenariat avec Verizon et d’autres opérateurs, sans tarification annoncée. Cet accessoire et le forfait de données qui l’accompagne alourdissent toutefois la facture d’un produit déjà cher. Snap lance aussi un programme dédié aux entreprises, tout en visant le grand public avec une campagne publicitaire mettant en scène des célébrités. Au vu de la taille et du prix, la version actuelle de Specs semble surtout s’adresser aux passionnés de réalité augmentée.

Ce qui est confirmé : le prix de 2 195 dollars, les deux tailles, le suivi des mains par caméras, le champ de vision de 51 degrés, l’ancrage des fenêtres, l’autonomie annoncée de quatre heures, le mode voyage, l’étui à 200 dollars avec connexion cellulaire, les précommandes ouvertes et une expédition prévue plus tard cet automne aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France. Ce qui reste incertain : l’autonomie réelle selon les usages, le confort sur de longues périodes, le prix des forfaits de données cellulaires et l’accueil du grand public face à un produit de ce prix et de cette taille.

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