Le G-Sync est une technologie de rafraîchissement variable introduite par Nvidia il y a plus de dix ans. Elle s’adresse aux possesseurs de cartes graphiques GeForce et repose sur un principe simple : la fréquence de rafraîchissement du moniteur, exprimée en hertz, n’est plus figée à une valeur unique, mais suit en temps réel la fréquence d’images par seconde produite par la machine pour les applications compatibles. L’équivalent chez AMD porte le nom de FreeSync.
Un fonctionnement adaptatif, des effets visuels concrets
Au lieu de rester bloqué sur une cadence fixe de 60, 120, 165 ou 240 Hz, l’écran ajuste sa propre fréquence en fonction du débit d’images du jeu. Si une scène passe de 80 à 56 images par seconde avant de remonter à 67, le moniteur se cale sur ces variations au lieu de subir un rythme imposé. Cette adaptation présente deux conséquences directes : les baisses de framerate et les saccades deviennent moins perceptibles, et le déchirement de l’image, ou tearing, disparaît tant que la cadence reste sous la fréquence maximale de l’écran.
Trois niveaux de certification pour des écrans différents
La plupart des moniteurs de jeu récents prennent en charge le G-Sync, mais les mentions portées sur les fiches techniques renvoient à des niveaux distincts.
- G-Sync Compatible : le niveau d’entrée, le plus répandu. Ces écrans n’embarquent pas de puce Nvidia dédiée et s’appuient sur le standard ouvert Adaptive Sync. Leur plage de fonctionnement démarre généralement à 48 Hz.
- G-Sync Natif : ces modèles intègrent un module matériel Nvidia qui autorise un overdrive variable selon le niveau de performance et une plage couvrant de 1 Hz jusqu’au maximum de l’écran.
- G-Sync Ultimate : la certification la plus élevée, réservée aux écrans haut de gamme. Elle ajoute au G-Sync natif des capacités HDR avancées et des réglages d’overdrive plus poussés.
Prérequis et activation sous Windows
La configuration commence souvent par un réglage oublié, du côté du moniteur. Beaucoup d’écrans compatibles sont livrés avec le rafraîchissement variable désactivé dans leur menu interne. Il faut y activer l’option nommée « Adaptive Sync », « VRR » ou « FreeSync » selon la marque. Le câble compte également : la liaison DisplayPort, en version 1.2 au minimum, reste le seul port certifié sur la majorité des modèles, le HDMI n’étant pris en charge que sur certains écrans plus récents.
Côté logiciel, l’activation se fait dans le panneau de contrôle Nvidia ou dans la Nvidia App, à la section « Configuration de G-Sync ». Il suffit de cocher « Activez G-Sync », puis de sélectionner le mode d’affichage concerné. L’option « Activer pour le mode fenêtré plein écran » couvre à la fois le plein écran classique et le plein écran fenêtré. Depuis la version 610.47 du pilote, datée du 26 mai 2026, Nvidia a cessé de mettre à jour l’ancien panneau de configuration au profit de la Nvidia App, où se trouvent désormais ces réglages pour la plupart des utilisateurs. La procédure reste identique.
V-Sync, limite d’images et latence
Nvidia recommande d’activer la V-Sync en complément du G-Sync pour obtenir l’affichage le plus stable, sans tearing et avec une latence contenue. Sans G-Sync, la V-Sync peut ajouter une latence inconfortable ; associée à la technologie, elle sert surtout de garde-fou lorsque la cadence sort de la plage de fonctionnement.
Cette plage débute le plus souvent à 48 Hz. Si le jeu atteint ou dépasse la fréquence maximale du moniteur, par exemple 240 images par seconde sur un écran 240 Hz, le G-Sync se désactive et le système se comporte comme une V-Sync classique, avec une élévation sensible du temps de réponse aux commandes. Deux méthodes permettent de plafonner la cadence en amont :
- Définir une limite manuelle dans le jeu ou via un outil de plafonnement, en visant trois images par seconde sous la fréquence de l’écran, soit 161 images par seconde pour un moniteur 165 Hz.
- Activer Reflex, la technologie de Nvidia destinée à réduire la latence, avec le réglage « Activé + Boost ». Reflex agit toutefois comme un limiteur plus strict qu’un plafond manuel, avec un différentiel de 15 à 20 images selon la fréquence native de l’écran.
Cette configuration combinée apporte une image stable, sans déchirement, et peut même laisser le GPU moins sollicité, donc plus silencieux.
L’alternative des joueurs compétitifs
Pour ceux qui privilégient la réactivité, il est possible de conserver le G-Sync en désactivant la V-Sync : la cadence n’est alors plus plafonnée et peut atteindre le maximum que la carte graphique délivre sur un jeu donné. Il est également envisageable de désactiver complètement le G-Sync tout en gardant Reflex actif, afin de réduire encore la latence. Sans G-Sync, le moniteur affiche chaque image dès qu’elle est prête, même au milieu d’un cycle de rafraîchissement, ce qui produit des déchirures. L’écart de latence entre les deux approches reste minime : il se joue sous la milliseconde, à mettre en balance avec la disparition totale des artefacts visuels.
Ce qui est établi, ce qui dépend du matériel
Les principes de fonctionnement, les niveaux de certification, la marche à suivre pour l’activation et la question du plafonnement des images sont documentés. En revanche, le comportement précis dépend de l’écran utilisé : la plage de fonctionnement, la prise en charge du HDMI et les réglages d’overdrive varient d’un modèle à l’autre. Les valeurs citées, comme le seuil de 48 Hz ou le plafond à trois images sous la fréquence maximale, correspondent à des cas courants et non à une garantie applicable à tout matériel.
