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Windows Sandbox : pourquoi désactiver les réglages par défaut renforce l’isolation

Photo d’illustration

Windows Sandbox, l’environnement d’exécution isolé intégré à Windows, s’ouvre avec deux capacités déjà actives : l’accès à Internet et le partage du presse-papiers. Ces réglages ne sont pas signalés comme tels au lancement, et ils modifient concrètement ce qu’un programme non fiable peut faire une fois lancé dans la machine virtuelle. Repérer ce comportement conduit à reconsidérer l’usage par défaut de l’outil.

Deux fonctions activées sans intervention

À l’ouverture d’une session fraîche, Windows Sandbox est déjà connecté au réseau et accepte le copier-coller depuis et vers le système hôte. Aucun réglage n’a été modifié au préalable : ces deux canaux sont ouverts d’origine. La connexion réseau repose sur un commutateur virtuel Hyper-V côté hôte et sur une carte réseau virtuelle à l’intérieur de la Sandbox. Le partage du presse-papiers, lui, est assuré par une fonction de redirection distincte, elle aussi activée par défaut.

Ces éléments ne remettent pas en cause le principe d’isolation : Windows Sandbox continue d’utiliser la virtualisation matérielle et un noyau séparé. Le point à retenir n’est donc pas une faille, mais le choix de Microsoft de laisser deux fonctions de communication actives dans un système par ailleurs verrouillé.

Le presse-papiers, un lien bidirectionnel

La redirection du presse-papiers est décrite par Microsoft comme un canal de copier-coller fonctionnant dans les deux sens entre le bureau et la Sandbox. On l’utilise souvent sans y penser : coller une adresse, un nom de fichier ou une commande évite une saisie manuelle. Mais il s’agit d’un lien réversible, et non d’un simple passage vers une boîte isolée.

Dans un test d’exécutable non fiable, cette fonction n’était pas nécessaire. La désactiver a supprimé le raccourci de copier-coller sans affecter le reste : tous les autres éléments de la Sandbox ont continué de fonctionner normalement. Le raisonnement vaut pour ce cas précis : le canal existait parce que Windows l’avait activé, pas parce que le programme testé en avait besoin.

Le réseau change ce qui est possible

L’accès réseau a un poids différent. Dès l’ouverture d’une Sandbox par défaut, un programme peut joindre Internet, ce qui élargit le champ de ce qu’il peut entreprendre, au-delà du simple confort d’usage offert par le presse-papiers. La documentation officielle de Microsoft sur la configuration de Windows Sandbox et les paramètres de stratégie de groupe indique que l’activation du réseau peut exposer des applications non fiables au réseau interne. Microsoft précise également que désactiver l’accès réseau peut réduire la surface d’attaque exposée par la Sandbox.

Il faut rester précis sur la portée de ce réglage. Désactiver le réseau ne rend pas un fichier malveillant inoffensif et ne garantit pas qu’aucun élément ne s’échappe de la Sandbox. L’effet est plus étroit : les processus exécutés dans la Sandbox ne disposent plus de la connexion réseau pour communiquer avec des ressources externes.

Un indice utile vient de Microsoft lui-même : son exemple de configuration pour tester un téléchargement inconnu ne reprend pas les valeurs par défaut. Cet exemple monte le dossier Téléchargements en lecture seule et désactive le réseau ainsi que le GPU virtualisé. Autrement dit, la configuration obtenue à l’ouverture de la Sandbox ne correspond pas à la réponse que Microsoft propose face à un fichier non fiable.

Ce que cela change pour l’utilisateur

Faut-il couper le réseau à chaque usage ? Non. Plusieurs tests légitimes ont besoin d’une connexion active, notamment pour vérifier le comportement d’un site ou d’un navigateur. L’essentiel est de savoir pourquoi le réseau est actif et quand il l’est.

La démarche consiste à se demander, avant d’ouvrir la Sandbox, ce dont le test a réellement besoin. Un fichier ou un installateur inconnu n’exige généralement ni accès externe ni presse-papiers partagé. Un test de site web suppose au contraire une connexion. La question à se poser est simple : cet élément précis doit-il communiquer avec l’extérieur de la boîte ?

Il n’est pas nécessaire de modifier les réglages à chaque lancement. Un petit fichier de configuration .wsb permet d’activer ou de désactiver le réseau et la redirection du presse-papiers ; il suffit de le lancer à la place du raccourci par défaut.

Ce qui est établi, ce qui reste ouvert

Les faits confirmés sont les suivants : Windows Sandbox active l’accès réseau et le partage du presse-papiers par défaut ; la connexion réseau passe par un commutateur virtuel Hyper-V et une carte réseau virtuelle ; la redirection du presse-papiers est bidirectionnelle ; Microsoft indique qu’activer le réseau peut exposer des applications non fiables au réseau interne et que le désactiver peut réduire la surface d’attaque ; l’exemple officiel de test d’un téléchargement inconnu désactive réseau et GPU virtualisé et monte Téléchargements en lecture seule.

Reste en dehors de ces éléments tout ce qui relève de scénarios d’attaque concrets via le presse-papiers, de garanties d’échappement ou d’évaluation de modèles précis d’exécutables. Les faits disponibles ne permettent pas de conclure sur ces points, et l’outil conserve par ailleurs son fonctionnement isolé fondé sur la virtualisation matérielle et un noyau distinct.

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