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Activer la virtualisation dans le BIOS : un réglage qui change l’usage de Windows

Photo d’illustration

La virtualisation est une fonctionnalité souvent désactivée par défaut dans le BIOS des PC, alors qu’elle ouvre de nombreuses possibilités sous Windows. L’activer permet de créer des machines virtuelles, d’utiliser des outils de sécurité avancés et d’accélérer certains émulateurs. Voici ce que change ce réglage et comment l’activer.

Qu’est-ce que la virtualisation et comment l’activer dans le BIOS ?

La virtualisation consiste à faire fonctionner plusieurs environnements informatiques distincts sur un même matériel physique. Chaque machine virtuelle (VM) dispose de ressources qui lui sont allouées depuis le PC hôte : processeur, mémoire vive, stockage, bande passante. Un hyperviseur, également appelé moniteur de machine virtuelle (VMM), gère la répartition de ces ressources entre les différentes VM.

Sur la plupart des PC, la virtualisation est désactivée dans le BIOS. Pour l’activer, il faut redémarrer la machine et appuyer sur la touche F2 ou Suppr pour entrer dans le BIOS. Ensuite, il faut se rendre dans la section Advanced ou CPU configuration, puis repérer une option nommée VT-x (sur les processeurs Intel) ou SVM Mode (sur les processeurs AMD). Activer cette option, enregistrer les modifications et quitter le BIOS suffit. Après le redémarrage, on peut vérifier dans le Gestionnaire des tâches, sous l’onglet Performances, que la virtualisation est bien activée.

Fonctionnalités de Windows rendues possibles par la virtualisation

Activer la virtualisation débloque plusieurs fonctionnalités intégrées à Windows, qui s’appuient toutes sur les technologies de virtualisation matérielle.

Windows Sandbox

Le Windows Sandbox permet d’exécuter une session Windows temporaire et isolée, dans laquelle on peut tester des fichiers suspects ou modifier des paramètres sans risque pour le système principal. Cette fonction repose sur Hyper-V et utilise la virtualisation pour créer un environnement éphémère et sécurisé.

WSL 2

Le Windows Subsystem for Linux 2 (WSL 2) permet d’exécuter un véritable noyau Linux dans Windows, grâce à une machine virtuelle légère gérée par Hyper-V. On peut ainsi utiliser des distributions Linux, installer des paquets, exécuter des scripts, tout en bénéficiant de l’intégration avec Windows. Docker Desktop utilise également WSL 2 pour faire fonctionner des conteneurs Linux.

Hyper-V

Hyper-V est l’hyperviseur de type 1 de Microsoft, intégré à Windows 11. Il s’exécute sous le système d’exploitation et contrôle directement le matériel. Il permet de créer et de gérer des machines virtuelles plus exigeantes, en répartissant les ressources entre elles de manière contrôlée.

Amélioration des performances des émulateurs

Bien que la virtualisation et l’émulation soient des concepts différents, l’activation de la virtualisation améliore nettement les performances des émulateurs. Par exemple, des émulateurs comme BlueStacks (pour Android) ou RPCS3 (pour PlayStation 3) bénéficient d’un accès plus direct au processeur, ce qui réduit la charge CPU et augmente le nombre d’images par seconde. La virtualisation matérielle permet de traiter certaines instructions sans traduction logicielle, accélérant ainsi l’exécution.

Sécurité basée sur la virtualisation (VBS)

Windows utilise également la virtualisation à des fins de sécurité. La Virtualization-based Security (VBS) crée une zone isolée du système, protégée par l’hyperviseur, où sont exécutés des processus sensibles. L’intégrité de la mémoire, aussi appelée Memory Integrity, vérifie que le code s’exécutant au niveau du noyau est fiable avant de l’autoriser. Cette fonctionnalité renforce la protection contre les malwares et les attaques ciblant le noyau.

Conséquences pratiques et points à retenir

L’activation de la virtualisation élargit considérablement les usages d’un PC Windows : exécution de plusieurs systèmes d’exploitation, test de logiciels dans un environnement isolé, développement avec Docker et WSL, ou encore amélioration des performances d’émulation. Toutefois, cette activation a un coût en termes de sécurité : des chemins d’accès supplémentaires pourraient être exploités par des logiciels malveillants. De plus, l’exécution de machines virtuelles consomme beaucoup de ressources, il est donc recommandé de disposer d’une configuration matérielle suffisante.

Ce qui est confirmé : le réglage dans le BIOS est simple à effectuer et ouvre l’accès à plusieurs fonctionnalités de Windows. Ce qui reste inconnu : les performances réelles dépendent du matériel et des configurations spécifiques, et il n’y a pas de données chiffrées sur les gains exacts dans tous les cas d’usage.