← Toutes les publications

Apolosign 32 pouces Smart Portable TV : un écran tactile 4K mobile sous Android

Photo d’illustration

L’Apolosign 32 pouces Smart Portable TV est un écran tactile de 32 pouces fonctionnant sous Android, monté sur un support à roulettes équipé d’une batterie. Présenté comme une solution tout-en-un, il vise d’abord les usages professionnels et scolaires, tout en pouvant dépanner à la maison. Cette analyse repose sur l’utilisation d’un exemplaire 4K pendant plusieurs semaines, principalement dans une cuisine.

Annonce et caractéristiques techniques

La dalle est un écran tactile capacitif 10 points, disponible en deux définitions : 1920 x 1080 (1080p) ou 3840 x 2160 (4K) pour le modèle examiné. Le contraste annoncé est de 1 200:1 en 1080p et de 3 000:1 en 4K. La luminosité est de 300 nits, avec un taux de rafraîchissement de 60 Hz et un temps de réponse de 8 ms.

Le cœur du système est un Rockchip RK3576 gravé en 8 nm, avec huit cœurs (quatre Cortex-A72 jusqu’à 2,2–2,4 GHz et quatre Cortex-A53). La mémoire annoncée de 16 Go (8+8) correspond en réalité à 8 Go de mémoire physique complétés par 8 Go de mémoire virtuelle échangée sur le stockage, comme l’a confirmé la mesure de 7,72 Go de mémoire physique relevée par Geekbench. Le stockage est de 128 Go en 1080p et de 256 Go en 4K.

La connectivité comprend le Wi-Fi 802.11a/b/g/n/ac/ax avec MU-MIMO, le Bluetooth 5.3, des ports HDMI et USB 3.0/2.0, ainsi que la diffusion sans fil ou filaire depuis Android, iOS, Mac et Windows. L’appareil est certifié Google EDLA et dispose de la certification Widevine L1. La batterie lithium-ion 18650 de 14,6 V / 15 000 mAh est annoncée jusqu’à six heures d’autonomie. Deux haut-parleurs de 5 W (4 ohms) sont intégrés, avec réduction de bruit et annulation d’écho. Une caméra de 8 mégapixels se fixe sur le cadre par vis, avec deux jeux de trous pour l’orientation paysage ou portrait.

Le support repose sur une base circulaire lourde montée sur cinq roues silencieuses omnidirectionnelles. Une colonne en deux sections permet un réglage d’environ 180 mm en hauteur ; l’écran s’incline d’environ 20 degrés, pivote d’environ 15 degrés et tourne à 90 degrés en portrait. Monté, il mesure environ 151 cm et pèse près de 20 kg. L’assemblage, qui sépare base, colonne, écran et accessoires, demande de la patience : la fixation de l’écran sur la colonne gagne à être faite à deux.

Contexte et enjeux

L’appareil emprunte à trois catégories sans appartenir pleinement à aucune : ce n’est ni un téléviseur classique, ni une tablette, ni un écran de signalétique. Cette polyvalence définit ses usages, mais aussi ses limites.

L’écran utilise une dalle VA LCD, avec une colorimétrie correcte plutôt qu’exacte, autour de 95 % de l’espace sRGB, et une uniformité perfectible : sur fond blanc, la partie basse est sensiblement plus sombre que le haut, ce qui se remarque sur un document ou un tableau blanc. Le contraste de 3 000:1 reste convaincant dans une pièce peu éclairée.

Les performances sont limitées. Sous Geekbench, le processeur obtient 362 en monocœur et 1 430 en multicœur ; les tâches lourdes comme la compression de fichiers, la navigation web ou le traitement de texte sont les plus pénalisées. PCMark Work 3.1 donne en revanche 6 859, avec des scores convenables pour la bureautique. La partie graphique est le point faible : un test de charge 3DMark Wild Life relève une stabilité de 99,4 % sur vingt boucles, mais avec des fréquences comprises entre 4 et 9 images par seconde. Le système chauffe peu, précisément parce qu’il est peu sollicité.

Les haut-parleurs sont suffisants pour une visioconférence ou une pièce de réunion, sans basses et avec de la distorsion à fort volume. La caméra de 8 mégapixels et le double microphone avec annulation d’écho remplissent leur rôle pour les appels vidéo, mais les points de fixation placent la caméra correctement en portrait, ce qui convient mal aux échanges généralement filmés en paysage.

L’absence de prise en charge d’AirPlay constitue une limite notable : la duplication depuis un iPhone transmet le son mais pas l’image, laissant le câble HDMI comme seule option fiable pour les utilisateurs Apple. La diffusion Android et Chromecast fonctionne normalement, tout comme la fonction MixCast intégrée.

Sur le plan tarifaire, la version 1080p est proposée autour de 900 livres au Royaume-Uni, la 4K au même niveau selon les moments, et un modèle 24 pouces 1080p à 700 livres. Aux États-Unis, le fabricant affiche 819 dollars pour la 4K, 719 dollars pour la 1080p et 619 dollars pour la 24 pouces. Des alternatives existent, dont certaines en 1080p avec batterie réduite ou sans caméra, ainsi qu’un modèle Samsung de 27 pouces sous Tizen, détachable de son support. Face à elles, l’Apolosign est le seul à combiner dalle 4K, batterie de 15 000 mAh, caméra et certification Widevine L1 à ce niveau de prix.

Conséquences concrètes pour les utilisateurs

L’écran tactile 10 points et la rotation à 90 degrés ouvrent des usages variés : consultation de recettes, sessions de fitness, présentations ou signalétique temporaire en orientation portrait. La batterie permet de déplacer l’appareil sans le rebrancher, mais l’autonomie annoncée de six heures suppose une luminosité d’environ 50 % ; à pleine luminosité, elle chute nettement. Une recharge complète prend environ deux heures écran éteint, et davantage en cours d’utilisation.

La mobilité est réelle mais relative. Les roues silencieuses roulent bien sur sol dur, mais franchissent mal les seuils et les tapis épais, ce qui oblige à soulever la base. L’appareil se conçoit comme un écran déplaçable d’une pièce à l’autre sur un même niveau, plutôt que comme un équipement transportable. Ses 20 kg rendent les escaliers possibles pour une personne, mais peu commodes.

La luminosité de 300 nits limite l’usage en pleine lumière : l’appareil convient dans une cuisine éclairée, pas dans une véranda ni en extérieur, malgré la batterie qui pourrait laisser croire le contraire.

Pour un usage domestique classique, le rapport coût-bénéfice reste discutable : un téléviseur 4K de 32 pouces, une clé de streaming et un support roulant coûtent nettement moins cher. L’intérêt se déplace vers les contextes professionnels et éducatifs, où le tactile, la certification Widevine L1, la caméra et la possibilité de déplacer un affichage 4K fonctionnel sans recâbler justifient une partie du surcoût.

Ce qui est confirmé et ce qui reste incertain

Les caractéristiques matérielles, les mesures de performances, l’autonomie annoncée, les limites de luminosité et l’absence d’AirPlay sont documentées. Un défaut d’affichage (lignes visibles à droite de la dalle) a été constaté sur l’exemplaire analysé, probablement issu d’un retour ; il n’est pas présenté comme représentatif de l’ensemble de la production.

Les procédures commerciales, la disponibilité selon les marchés et l’évolution des prix ne sont pas garanties. L’exemplaire reçu fonctionnait sous Android 15, alors que le fabricant annonce depuis une version Android 16, et la fréquence réelle des cœurs relevée diffère des valeurs de la fiche technique. L’autonomie n’a pas été chronométrée précisément, et la fiabilité à long terme du support comme de la batterie n’est pas établie.