Deux utilisateurs du service Robotaxi ont découvert par accident, le lundi 7 septembre, une interface de conduite manuelle sur le Cybercab qu’ils avaient commandé. L’écran central affichait un joystick virtuel circulaire ainsi que des commandes de service. Le véhicule se trouvait alors à Austin, au Texas, où les premières courses payantes du robotaxi ont débuté le 3 septembre.
Ce que montrait l’interface
À la place de l’affichage normalement proposé aux passagers, une partie de l’écran présentait un joystick circulaire. En théorie, un doigt déplacé vers l’avant ou l’arrière commande l’avance ou la marche arrière ; un mouvement latéral fait tourner les roues. Une seconde zone regroupait des commandes permettant d’ouvrir ou fermer les portes, de klaxonner, d’arrêter le véhicule ou de contacter l’assistance. L’autre moitié de l’écran affichait les images des caméras disposées autour du Cybercab.
Un mode prévu, un affichage accidentel
L’interface ne relève pas de l’improvisation. Le manuel que Tesla destine aux services de secours mentionne des commandes manuelles embarquées. Un primo-intervenant qui doit déplacer un Cybercab immobilisé est censé contacter l’assistance Tesla, puis présenter son badge aux caméras du véhicule pour débloquer l’accès. Ces commandes restent bridées aux très basses vitesses, autour de 11 km/h. Seule l’apparition de cette interface sur l’écran d’un passager constitue l’anomalie ; le joystick, lui, est bien prévu par la marque. Il s’agit vraisemblablement d’un outil interne aux équipes Tesla, destiné aux manœuvres à faible vitesse.
Le Cybercab n’est pas le premier véhicule autonome de Tesla à être piloté manuellement sans volant. Dès décembre 2024, une vidéo montrait un technicien manœuvrant le véhicule à l’aide d’une manette de jeu, une possibilité rendue par sa direction entièrement électrique (steer-by-wire). Le joystick tactile découvert à Austin constitue la version embarquée de cette même logique.
Conséquences concrètes pour les utilisateurs
Les deux passagers confrontés à cette interface n’ont pas pu conduire le véhicule. Matthew Skrzypczak a tenté d’utiliser le joystick sans succès : le Cybercab n’a pas bougé. David Moss a dû contacter l’assistance pour que sa voiture reprenne sa route ; dans son cas, l’interface de service est restée affichée pendant le trajet, l’empêchant d’accéder à la plupart des fonctions habituelles de l’écran.
Ce bug illustre une contrainte concrète des véhicules entièrement autonomes. Supprimer le volant et les pédales libère l’habitacle et permet de concevoir une voiture autour de ses passagers, mais ne fait pas disparaître les situations où un humain doit pouvoir la déplacer manuellement, notamment pour la garer dans un dépôt ou la manœuvrer lors d’une intervention.
Contexte et questions en suspens
L’incident intervient au démarrage du service commercial : 45 exemplaires sont immatriculés à Austin. Par ailleurs, la NHTSA a ouvert une enquête sur la manière dont Tesla a auto-certifié un véhicule dépourvu de volant, de pédales et de rétroviseurs traditionnels. Rien n’indique pour l’instant que cette interface figure au cœur des interrogations du régulateur américain.
Ce qui est confirmé : l’existence de commandes manuelles embarquées, leur accès encadré par l’assistance et un badge, et leur bridage à environ 11 km/h. Ce qui reste inconnu : les conditions exactes de déclenchement du mode sur l’écran passager, l’ampleur de la faille d’affichage et les suites que Tesla ou la NHTSA pourraient y donner.
