Les déconnexions Wi-Fi inexpliquées en pleine communication ou en streaming peuvent avoir une origine précise : les canaux DFS de la bande 5 GHz. Ces canaux, intégrés à la norme 802.11, sont partagés avec des services radar et soumis à des contraintes qui forcent la box à changer de fréquence sans préavis. Désactiver ou bloquer ces canaux permet de retrouver une connexion stable, au prix d’une largeur de canal maximale réduite.
Répartition de la bande 5 GHz et canaux DFS
La bande 5 GHz est souvent recommandée pour les appareils exigeants car elle offre davantage de canaux et un débit global plus élevé que la bande 2,4 GHz. Toutefois, ces canaux sont répartis en quatre sous-bandes aux États-Unis : U-NII-1 (canaux 36, 40, 44 et 48), U-NII-2A (52, 56, 60 et 64), U-NII-2C/2E (100 à 144) et U-NII-3 (149 à 165).
Les canaux des sous-bandes U-NII-1 et U-NII-3 sont libres d’accès. En revanche, ceux des sous-bandes intermédiaires — 52 à 64 et 100 à 144 — sont des canaux DFS, soumis à des conditions d’utilisation.
DFS signifie Dynamic Frequency Selection, un mécanisme essentiel de la norme 802.11. Il existe parce que cette portion du spectre n’est pas réservée aux équipements Wi-Fi domestiques : elle est partagée avec des radars météorologiques, aéroportuaires, militaires et d’autres services sensibles aux interférences.
Fonctionnement de la sélection dynamique de fréquence
Avant d’émettre sur un canal DFS, la box effectue une vérification de disponibilité du canal, appelée Channel Availability Check. Elle analyse le canal pendant 60 secondes pour s’assurer qu’aucune transmission radar n’est active. Si aucun radar n’est détecté, elle peut commencer à diffuser. Dans le cas contraire, elle recherche un autre canal disponible.
La surveillance ne s’arrête pas après la connexion. La box continue de scanner en arrière-plan à la recherche de signaux radar. Si elle en détecte un, elle abandonne immédiatement le canal et réassigne les appareils connectés vers un autre canal, quels que soient les réglages manuels. Ce canal devient alors indisponible pendant 30 minutes.
La fréquence de ces changements dépend de l’environnement. Les utilisateurs situés près d’une côte, d’un aéroport, d’un héliport, d’un port ou d’une station météorologique sont plus susceptibles de subir ces réaffectations que ceux installés dans une zone isolée.
Identifier et désactiver les canaux DFS
Pour savoir si la connexion utilise un canal DFS, il faut se rendre dans l’interface d’administration de la box, rubrique Wi-Fi. Si le canal 5 GHz affiché se situe entre 52 et 64 ou entre 100 et 144, il s’agit d’un canal DFS. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il faut le changer : si la box ne l’a pas déplacé automatiquement, il est probable qu’aucune interférence radar ne soit présente.
En cas de déconnexions fréquentes, il est conseillé de tester un autre canal 5 GHz. La méthode la plus simple consiste à désactiver la sélection automatique du canal et à choisir manuellement un canal non DFS (par exemple 36 à 48 ou 149 à 165). Certaines box proposent également une option spécifique pour activer ou désactiver les canaux DFS ; une fois désactivée, le sélecteur automatique ignore totalement ces canaux.
Conséquences sur la largeur de canal
Bloquer définitivement les canaux DFS empêche d’atteindre une largeur de canal de 160 MHz, car l’extension à cette largeur nécessite d’empiéter sur un canal DFS. Chaque canal faisant 20 MHz de large, l’agrégation jusqu’à 160 MHz devient impossible sans traverser une plage DFS.
Cette limitation n’empêche pas d’utiliser des canaux agrégés de 80 MHz, qui restent tout à fait fonctionnels. Une connexion stable à 80 MHz est préférable à une connexion à 160 MHz qui se réinitialise plusieurs fois par jour.
Ce qui est confirmé et ce qui reste incertain
Il est établi que les canaux DFS sont soumis à la détection radar et à des interruptions forcées. La désactivation de ces canaux est une opération réalisable sur de nombreuses box, mais l’emplacement exact de l’option varie selon les modèles. L’impact réel sur la stabilité dépend de l’environnement radioélectrique local. Aucune donnée ne permet de généraliser l’efficacité de cette méthode à tous les foyers.



