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Fiabilité des disques durs : une étude sur 443 156 unités révèle des écarts entre marques

Photo d’illustration

Une étude scientifique évaluée par les pairs a analysé douze années de données publiques portant sur 443 156 disques durs, soit 1,66 million d’années-disques. Menée par les économistes Christoph Siemroth et Yeomyung Park, elle réexamine les statistiques de Backblaze en ajustant les résultats selon l’âge, la capacité, l’année d’installation et la température de fonctionnement. L’objectif : dégager des tendances de fiabilité à l’échelle de flottes entières de disques.

Méthodologie et classement des fabricants

L’étude utilise un modèle de régression de Cox dans lequel Seagate sert de référence à 100 %. Les disques sont comparés à âge, capacité, facteur de forme et température identiques. Les chercheurs précisent que le choix de cette base ne signifie pas que les disques Seagate présentent un défaut intrinsèque ; des millions d’unités de cette marque fonctionnent quotidiennement en production.

Le classement place HGST en tête avec un risque de défaillance ajusté de 39,5 % par rapport à Seagate, soit moins de la moitié. Toutefois, HGST n’est plus produit depuis le rachat de la marque par Western Digital en 2012, ce qui limite l’accès à des unités neuves. Western Digital arrive en deuxième position avec un risque de 51,4 % de celui de Seagate. Toshiba se situe au-dessus de la référence, à 107 %, avec une fréquence de défaillance légèrement supérieure à celle de Seagate. Ce résultat est d’autant plus notable que la majorité des disques Toshiba de l’échantillon provenaient de lots de fabrication récents. De plus, leur taux de défaillance mensuel quadruple lorsqu’ils atteignent 60 mois de service.

Température et capacité : deux facteurs mesurables

L’étude identifie la température moyenne de fonctionnement comme un facteur influent : chaque élévation de 1 °C est associée à une augmentation d’environ 2 % du taux de défaillance. Une hausse de 10 °C se traduit ainsi par un risque de défaillance supérieur de 23 %. À l’inverse, chaque téraoctet de capacité supplémentaire est corrélé à une baisse d’environ 3,4 % du taux de défaillance. Ce phénomène est rattaché aux boîtiers helium des modèles d’entreprise de forte capacité et à l’amélioration des procédés de fabrication des têtes de lecture.

Conséquences pour les utilisateurs

Pour les particuliers qui constituent un laboratoire domestique ou renouvellent leur stockage, l’étude suggère de privilégier les modèles Western Digital, qui affichent actuellement les taux de défaillance les plus bas parmi les unités neuves. Les disques HGST restent une option intéressante si l’on en trouve en bon état, mais ils ne sont plus commercialisés neufs. À l’inverse, l’étude recommande d’éviter Toshiba pour les données critiques, en raison du taux de défaillance plus élevé, en particulier sur la durée. Quelle que soit la marque, une bonne circulation d’air autour des disques et des sauvegardes régulières des fichiers essentiels demeurent indispensables.

Ces résultats décrivent des tendances de fiabilité à l’échelle de populations de disques, et non la durée de vie attendue d’un disque individuel. Aucun disque n’est exempt de défaillance à terme, quelle que soit la marque.

Ce qui est confirmé : les écarts relatifs de risque entre fabricants, l’effet de la température et de la capacité, ainsi que la hausse du taux de défaillance des disques Toshiba après 60 mois. Ce qui reste inconnu : la transposition exacte de ces tendances à un usage domestique unique, les modèles précis concernés par les lots les plus récents, et l’évolution de ces chiffres pour les disques mis sur le marché après la période étudiée.