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Fluent Sensors : un moniteur matériel moderne et gratuit pour Windows 11

Photo d’illustration

Vérifier la température du processeur ou la vitesse des ventilateurs sous Windows 11 nécessite généralement un logiciel tiers, faute d’outil intégré. Beaucoup de ces utilitaires, souvent fonctionnels, présentent des interfaces vieillies qui contrastent avec l’esthétique du système. Fluent Sensors, une application gratuite et open-source, tente de remédier à ce manque en proposant un moniteur matériel conçu avec WinUI 3, le framework utilisé par Microsoft pour ses propres applications modernes.

Une interface native pour Windows 11

Fluent Sensors repose sur WinUI 3, ce qui lui assure une intégration poussée à l’environnement : support des thèmes clair et sombre, coins arrondis, barre de titre native et autres éléments du langage Fluent Design. L’objectif assumé est de fournir une expérience visuelle cohérente avec le système, là où la plupart des outils de surveillance matérielle affichent des interfaces datées. Ce choix technique a un coût : WinUI 3 n’est pas réputé pour être particulièrement léger, et son impact sur les performances devient perceptible lorsqu’on explore les fonctionnalités de l’application.

Fonctionnalités : capteurs et graphiques à la carte

Fluent Sensors propose deux modes d’affichage principaux : une liste de capteurs et une vue matérielle détaillée. La première énumère l’ensemble des capteurs détectés par la bibliothèque LibreHardwareMonitorLib, avec leurs valeurs actuelles, minimales, maximales et moyennes. L’utilisateur peut épingler des capteurs spécifiques à une fenêtre flottante toujours visible, pratique pour suivre la température du GPU pendant une session de jeu sans ouvrir l’application entière.

La vue matérielle organise les informations par composant : processeur, RAM, GPU, stockage et réseau. Chaque onglet affiche des graphiques en temps réel générés avec LiveCharts2 et SkiaSharp, accompagnés d’un panneau de spécifications statiques. Pour le CPU, on trouve l’utilisation globale, le nombre de cœurs physiques et logiques, la topologie, la taille des caches et la fréquence maximale. Les GPU sont traités séparément, avec des courbes pour l’utilisation, la température, la fréquence mémoire et la consommation électrique. La RAM est détaillée par slot DIMM, incluant fabricant, numéro de pièce, vitesse et facteur de forme. Le stockage affiche l’activité globale, les débits de lecture et d’écriture, ainsi que le modèle. La section réseau fournit le type de connexion, la vitesse de liaison, les adresses IP et MAC, et des graphiques d’utilisation.

Des imperfections liées à la jeunesse du projet

Malgré une finition soignée, Fluent Sensors révèle plusieurs points faibles. L’intervalle de sondage, fixé à 500 ms par défaut, n’est pas strictement respecté : le compteur démarre après la lecture, ce qui entraîne une dérive légère (environ 503 à 513 ms observés). Des fuites mémoire inhérentes à WinUI 3 sont constatées, malgré une stratégie de réutilisation des fenêtres pour limiter l’impact ; la consommation RAM peut néanmoins passer de 350 Mo à plus de 800 Mo après une session prolongée. Enfin, la bibliothèque LibreHardwareMonitorLib échoue parfois à lire certains capteurs, notamment sur les GPU intégrés : dans un cas test, les températures et puissances de l’iGPU AMD Radeon n’étaient pas accessibles, tandis que le GPU discret NVIDIA fonctionnait normalement. Certains graphiques du CPU affichent aussi « sensor not found » pour des mesures que la bibliothèque ne sait pas interroger.

Bilan : un outil prometteur à surveiller

Fluent Sensors apporte une vraie modernité dans un domaine où l’ergonomie est souvent négligée. Si les quelques défauts de jeunesse peuvent freiner une adoption immédiate pour un usage intensif, l’application constitue une base solide pour suivre l’état de son matériel sans effort. Les fonctionnalités annoncées (épinglage, graphiques, vue par composant) sont opérationnelles, et les imperfections sont clairement identifiées. L’avenir dira si les développeurs corrigeront ces écueils.

Pour l’instant, ce qui est confirmé : l’interface est moderne, les capteurs sont nombreux, et l’épinglage fonctionne. Ce qui reste incertain : la précision à long terme des sondes, la gestion de la mémoire sur de longues sessions, et la compatibilité avec toutes les configurations matérielles.