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Fuite présumée de données de santé : la plateforme Jinko ciblée par un piratage revendiqué

Person holding confidential HIV/AIDS case report form, symbolizing health awareness and privacy.

Le 7 septembre 2026, un pirate a mis en ligne sur un forum cybercriminel une archive qu’il présente comme la base de données complète de Jinko, une jeune entreprise française lancée en 2023. Celle-ci propose aux personnes touchées par un cancer une mise en relation avec une infirmière référente, des soins de support (nutrition, psychologie, activité physique) et une application mobile de suivi. À ce stade, Jinko n’a pas confirmé le piratage, et l’information repose sur une revendication non vérifiée.

Une revendication détaillée

D’après le pirate, l’archive pèserait 3,7 Go et concernerait 3 552 comptes actifs. Elle contiendrait des informations d’identification classiques : noms, adresses e-mail, numéros de téléphone, adresses postales et dates de naissance. Mais l’essentiel se situerait ailleurs : le pirate affirme détenir des données médicales précises, notamment le type de cancer, le stade de la maladie, la présence de métastases, les récidives, les traitements d’hormonothérapie, les traitements en cours ou passés, les médicaments et les antécédents. Il évoque en particulier 1 342 cas de cancer du sein et des centaines d’autres localisations. Le pirate mentionne également 85 tables et 883 178 enregistrements exportés, ainsi qu’une archive de 2 626 fichiers (images, PDF, audio, vidéos).

Au-delà des dossiers médicaux, il affirme détenir 20 635 messages échangés dans plus d’un millier de conversations, des notes de suivi rédigées à la main par des soignants et plusieurs centaines d’échanges avec un assistant utilisant l’intelligence artificielle. S’y ajouteraient les coordonnées de 142 médecins et 39 autres professionnels de santé, avec des liens permettant de rattacher chaque patient à l’équipe qui le suit.

Une origine incertaine

L’origine de la faille n’est pas établie. Les données proviendraient de deux services de Google : Firestore, une base de données, et Firebase Storage, un espace de stockage de fichiers, tous deux couramment utilisés par les applications mobiles. Plusieurs hypothèses sont envisageables : une faille dans l’application, des identifiants volés ou un stockage mal configuré. La date du 7 septembre correspond à la mise en ligne de la revendication, et non nécessairement au vol lui-même.

Un risque de phishing ciblé

Le danger principal réside dans l’hameçonnage. Avec le nom d’un patient, son traitement et le médecin qui le suit, un escroc peut envoyer un e-mail, un SMS ou passer un appel frauduleux bien plus crédible que le spam habituel, et donc plus difficile à repérer. Les notes de suivi citées dans la revendication, telles que « éprouvée par les effets secondaires de sa dernière chimiothérapie » ou « la maladie s’est réinstallée », montrent la sensibilité des informations qui seraient exposées. Ce type de données intimes peut être exploité pour manipuler psychologiquement des personnes déjà fragilisées.

Des données protégées par la loi

Les données de santé bénéficient d’une protection renforcée par la loi. L’affaire s’ajoute à une série de fuites en France, du vol des données de 678 000 contribuables au piratage de l’Éducation nationale, mais la nature des informations en jeu ici est différente : elles touchent des personnes malades et peuvent avoir des conséquences graves.

Ce qui est confirmé et ce qui reste inconnu

À ce jour, seule la revendication du pirate est connue. Jinko n’a pas confirmé l’incident, et aucune source indépendante n’a vérifié l’authenticité des données. L’origine de la brèche, l’ampleur exacte de la fuite et l’identité des personnes concernées restent inconnues. Il n’est pas possible de confirmer si les données sont réellement exploitables ou si elles ont été modifiées.