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Google modifie ses résultats de recherche en Europe pour se conformer au DMA

A close-up view of a laptop displaying a search engine page.

Depuis début septembre 2026, les internautes européens qui effectuent des recherches sur Google dans les domaines du tourisme et de la restauration constatent des changements notables dans la présentation des résultats. L’entreprise américaine déploie progressivement une refonte de son interface qui remplace ses propres modules de comparaison par ceux de sites tiers comme Booking.com, Kayak ou Expedia. Cette évolution n’est pas le fruit d’une initiative volontaire de Google, mais la conséquence directe de l’amende record de 460 millions d’euros infligée par la Commission européenne, qui l’oblige à se conformer au Digital Markets Act (DMA).

Des modules tiers en haut des résultats

Jusqu’à présent, lorsqu’un utilisateur cherchait un hôtel ou un vol, Google affichait en haut de page un carrousel de liens sponsorisés provenant de son propre comparateur. Cette pratique était jugée anticoncurrentielle par Bruxelles, car elle favorisait les services de l’entreprise au détriment de ceux de ses rivaux. Désormais, un site tiers, s’il remplit les critères d’éligibilité définis par Google, occupe cette place de choix. Deux autres comparateurs sont également mis en avant juste en dessous, le choix des services retenus étant effectué directement par Google.

Cette nouvelle configuration vise à offrir une meilleure visibilité aux acteurs spécialisés, mais elle soulève des questions sur la sélection opérée par la firme de Mountain View. En effet, ce sont principalement les grands portails de réservation, déjà bien établis, qui bénéficient de cette exposition, tandis que les petits acteurs risquent de rester dans l’ombre. Pour Google, cette refonte avantage surtout les « moteurs de recherche verticaux » — les sites de comparaison — au détriment des commerces indépendants et des fournisseurs de services directs, un point de vue que ne partage pas la Commission.

Une dégradation assumée du service ?

Google ne cache pas son mécontentement. Pour Nick Fox, vice-président de la branche « Savoir et Informations », ces changements dégradent la qualité de la recherche en Europe et suppriment des fonctionnalités utiles aux internautes. L’entreprise évoque même la plus grosse baisse de qualité de son moteur depuis sa création. Des tests internes menés par Google indiqueraient que les nouveaux résultats sont moins bien accueillis par les utilisateurs que ceux utilisant les services intégrés, avec un taux de satisfaction plus faible.

Ces déclarations suscitent des interrogations : s’agit-il d’un constat sincère ou d’une tentative d’influencer l’opinion publique et les régulateurs ? La firme pourrait être tentée de saboter délibérément la nouvelle expérience pour prouver l’inefficacité de la mesure, une hypothèse que Bruxelles surveille de près. L’enjeu est de taille : si Google parvient à démontrer que la décision européenne nuit aux consommateurs, cela pourrait affaiblir la crédibilité du DMA à l’avenir.

Ce qui est confirmé et ce qui reste incertain

À ce stade, le déploiement de cette nouvelle interface est confirmé pour les recherches liées au tourisme et à la restauration dans l’Union européenne, avec une mise en place progressive depuis septembre 2026. Les critères d’éligibilité des sites tiers restent toutefois flous, et l’impact réel sur le trafic des comparateurs participant n’a pas encore été mesuré. De plus, la réaction de la Commission européenne, qui pourrait juger les nouvelles dispositions insuffisantes ou au contraire satisfaisantes, n’a pas encore été publiquement détaillée.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer si cette refonte répond aux exigences du DMA. Les discussions entre Google et Bruxelles se poursuivent, et d’autres ajustements pourraient intervenir en fonction des premiers retours d’expérience. L’incertitude demeure également sur la manière dont Google va équilibrer la conformité réglementaire et la qualité perçue de son service, deux objectifs qui semblent aujourd’hui difficilement conciliables.