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Huawei dévoile le Kirin 9050 Pro et le Mate XT 2, première puce issue de la loi d’échelle Tau

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Huawei a dévoilé le 7 septembre à Guangzhou le Kirin 9050 Pro, intégré à son smartphone à triple pliage Mate XT 2, deuxième génération de ce format. L’appareil est annoncé en Chine à des prix allant de 19 999 à 24 999 yuans, soit environ 2 400 à 3 000 euros. La puce est présentée comme la première construite selon la « loi d’échelle Tau », exposée en mai par He Tingbo, responsable de HiSilicon, lors d’un événement IEEE à Shanghai.

Une méthode née des contraintes de fabrication

Depuis plusieurs décennies, l’amélioration des processeurs repose sur la réduction de la taille des transistors. Huawei n’a plus accès aux machines de lithographie EUV depuis les sanctions américaines, et son fondeur SMIC a adapté un procédé N+3 en multipliant les passages de gravure DUV. Le Kirin 9030 Pro de l’année précédente atteignait 155 millions de transistors par millimètre carré, contre près du double pour un Snapdragon 8 Elite Gen 5.

La loi Tau propose une autre voie : répartir les blocs logiques, analogiques et mémoire sur deux couches actives superposées au sein d’une même puce, assemblées par collage hybride à basse température. Les signaux parcourent ainsi des distances plus courtes, et ce trajet constitue précisément le poste de dépense énergétique le plus important dans un circuit moderne.

Des gains annoncés sur la densité et la consommation

Selon la deuxième version de la publication scientifique de Huawei, parue en juillet, la densité atteindrait 238 millions de transistors par millimètre carré, soit une hausse de 55 % sans changement de procédé de fabrication. À performance équivalente, la consommation diminuerait de 66 % sur le NPU, de 58 % sur le GPU et de 41 % sur les cœurs performants du CPU. Le constructeur précise toutefois qu’empiler ne réduit pas la consommation par principe : il indique avoir utilisé la marge de latence gagnée pour abaisser la tension.

Sur le Kirin 9050 Pro, le GPU Maleoon double ses unités de calcul et son cache, prend en charge le ray tracing matériel jusqu’à 50 mégarayons par seconde et revendique 142 % de rendu supplémentaire. Le NPU Da Vinci exécute en local Pangu 30B-A2B, un modèle multimodal de 30 milliards de paramètres dont 2 milliards sont activés à chaque requête, ce qui le rend moins gourmand qu’un modèle dense de taille comparable.

Des performances annoncées, non vérifiées

Huawei annonce 42 % de performances globales en plus sur le Mate XT 2 par rapport à la génération précédente. Ce bond se décomposerait en 24 % de mieux en single-core et 52 % en multi-core face au Kirin 9030 Pro, avec une fréquence maximale ramenée autour de 3,1 GHz. Ces valeurs sont fournies par Huawei et aucun laboratoire indépendant ne les a encore confirmées. Le SoC de l’année précédente obtenait environ 1 100 points en single-core sur Geekbench 6, loin des puces Qualcomm, MediaTek ou Apple.

Conséquences concrètes et limites

Le Mate XT 2 n’est annoncé que pour la Chine, avec une commercialisation à partir du 12 septembre, et rien n’indique pour l’instant qu’il sera distribué ailleurs. Son intérêt dépasse néanmoins le seul marché chinois : si la loi Tau tient ses promesses en production de masse, les sanctions sur l’EUV perdent une partie de leur effet. Huawei prévoit d’étendre la méthode à ses accélérateurs IA Ascend d’ici 2030, un segment où l’enjeu industriel est plus large que celui des smartphones.

Plusieurs inconnues subsistent. La dissipation thermique de deux couches actives superposées, les rendements de production, le coût réel du procédé et la durabilité d’un empilement soumis à des cycles de chauffe répétés dans un châssis de 3,6 mm d’épaisseur déplié restent à documenter. Le Kirin 9050 Pro ne devrait pas dominer les benchmarks face à Qualcomm cette année, mais il marque la première proposition de Huawei qui ne relève pas du simple rattrapage avec des outils plus anciens.