← Toutes les publications

IFA 2026 : l’encre électronique se réinvente au-delà des liseuses

Photo d’illustration

Le salon IFA 2026, qui s’est tenu à Berlin, a révélé une tendance marquée : l’adoption croissante de l’encre électronique (E Ink) dans des appareils variés. Au-delà des traditionnelles liseuses, cette technologie a été intégrée dans des formats aussi divers que des liseuses de poche, des enregistreurs vocaux, des tablettes à notes et des cadres photo numériques. Cet article explore les principaux appareils présentés lors de l’événement.

Des liseuses miniatures pour la lecture nomade

Parmi les nouveautés, la liseuse Boox Picco se distingue par son format compact : un écran E Ink monochrome de 3,97 pouces qui tient dans la paume de la main. Ce modèle, issu de la catégorie Boox Tile, utilise un logiciel allégé plutôt qu’Android, avec des applications intégrées comme Images, Pomodoro, Reading Stats, Todo et Countdown. Le transfert de livres s’effectue sans fil, par cloud ou via USB-C. Cette approche simplifiée vise à offrir une expérience de lecture concentrée, éloignée des distractions des systèmes plus ouverts.

De son côté, PocketBook a dévoilé le PocketBook Q, une liseuse de la taille d’un téléphone avec un écran E Ink Carta 1300 de 5,84 pouces. Pesant 130 grammes, elle fonctionne sous un système Linux léger, lui évitant d’avoir recours à des composants puissants. Elle embarque un processeur Rockchip RK3566, 1 Go de RAM et une batterie de 1 550 mAh, annoncée pour une autonomie d’un mois. L’appareil n’inclut pas de Google Play Store, mais propose PocketBook Cloud et l’application Libby pour emprunter des livres en bibliothèque.

Une nouvelle génération d’enregistreurs et de tablettes à encre électronique

L’enregistreur Flowtica Verso intègre une particularité intéressante : un écran ePaper de 229 ppp qui affiche directement les transcriptions et résumés générés par l’IA. Grâce à un bouton dédié, l’utilisateur envoie l’enregistrement vers le cloud pour traitement, puis consulte les résultats sur l’écran. L’appareil est équipé de quatre micros MEMS et d’un micro à conduction osseuse, avec une portée de captation de cinq mètres. Il offre 64 Go de stockage et une autonomie annoncée de 72 heures, et peut se fixer magnétiquement à un téléphone compatible MagSafe.

Côté tablette, l’iFLYTEK AINOTE 2 revendique le titre de tablette E Ink la plus fine au monde avec ses 4,2 mm d’épaisseur. Dotée d’un écran flexible de 10,65 pouces (300 ppp), elle supporte la saisie au stylet. Elle fonctionne sous Android 14 avec Google Play Store, et propose des fonctions avancées comme la transcription de réunions en temps réel, la traduction, la conversion de notes manuscrites en texte et l’intégration avec Google Agenda.

Un cadre photo E Ink couleur pour un affichage sobre

La société UGREEN a présenté le Gallery, un cadre photo de 13,3 pouces à encre électronique couleur (Spectra 6). Avec sa résolution de 1600 x 1200, il affiche photos et œuvres d’art sans rétroéclairage, imitant l’aspect du papier. Sa batterie de 10 000 mAh promet jusqu’à six mois d’autonomie, car l’écran ne consomme de l’énergie que lors des changements d’image. Le cadre propose un mode diaporama et la possibilité de programmer des affichages pour des occasions spéciales. Son prix de précommande est fixé à 299 dollars.

Enjeux et perspectives pour les utilisateurs

Ces différents appareils montrent que l’encre électronique séduit au-delà des liseuses classiques, en offrant des solutions sobres en énergie et agréables à l’œil. Pour les utilisateurs, ces innovations signifient des objets plus légers, plus endurants et souvent plus spécialisés, même si certains modèles comme le PocketBook Q limitent l’installation d’applications tierces, contrairement aux appareils sous Android de Boox ou iFLYTEK.

Il reste toutefois des zones d’ombre : la disponibilité commerciale exacte du Boox Picco n’a pas été précisée, et le PocketBook Q ne serait finalement proposé qu’en version argent, malgré le prototype vert foncé exposé. De plus, certaines performances annoncées, comme l’autonomie de six mois du UGREEN Gallery ou les fonctions IA de l’AINOTE 2, reposent sur des déclarations des fabricants qui n’ont pas encore été vérifiées en conditions réelles.