Apple a présenté son premier smartphone pliable, l’iPhone Duo, lors de sa keynote du 9 septembre 2026. Il arrive face à un concurrent direct, le Samsung Galaxy Z Fold 8, commercialisé depuis le 22 juillet 2026. Les deux appareils partagent un format « passeport » : un écran interne de 7,6 pouces au ratio 4:3 et un écran externe d’environ 5,5 pouces. Pourtant, leurs choix techniques et logiciels diffèrent sensiblement. Cet article compare les deux modèles à partir des faits disponibles, en distinguant les mesures réelles des promesses constructeur. Le Galaxy Z Fold 8 a été testé par des rédactions indépendantes, tandis que l’iPhone Duo n’est connu que par des communiqués et des prises en main.
Design, poids et robustesse : deux approches opposées
Le Galaxy Z Fold 8 pèse 201 grammes et mesure 4,5 mm d’épaisseur déplié. Il s’agit du Fold le plus léger produit par Samsung. L’iPhone Duo pèse 254 grammes et affiche 5,2 mm déplié, 11,3 mm fermé. L’écart de 53 grammes se ressent surtout à l’usage à une main, écran fermé, selon les premières prises en main.
Apple a privilégié la robustesse : cadre en titane grade 5 poli, charnière composée de plus de cent pièces, deux batteries et certification IP68 (résistance à l’eau jusqu’à six mètres pendant trente minutes, poussière incluse). Samsung conserve l’IP48, qui protège contre l’eau mais pas contre les particules fines, la charnière laissant passer le sable. Le Z Fold 8 utilise un cadre en aluminium Armor et un dos en verre. L’iPhone Duo reçoit du Ceramic Shield 2 à l’avant et du Ceramic Shield à l’arrière. Les deux modèles intègrent un lecteur d’empreintes digitales dans le bouton latéral, Apple ayant renoncé à Face ID faute de place.
Côté coloris, le Z Fold 8 est proposé en Lavande, Graphite, Blanc ou Pistache. L’iPhone Duo se décline en Blanc stellaire ou Ciel nocturne.
Écrans : même diagonale, traitements différents
Les deux écrans internes affichent 7,6 pouces en 120 Hz, avec un pic de luminosité annoncé à 3 000 nits. La différence réside dans le traitement de surface. Apple a appliqué sa finition nanotexturée, gravée au laser microlentille, qui supprime les reflets et donne un toucher mat. Selon plusieurs prises en main, elle rendrait le pli invisible lorsque l’écran est allumé. Samsung propose également un traitement antireflet sur le Fold 8, mais le pli reste perceptible, même s’il est discret. Des observations rapportées par CNET indiquent que le pli du Duo serait encore moins visible.
En contrepartie, la nanotexture réduirait le contraste, et un film posé sur le Duo pourrait paraître moins vif que la dalle brillante du Fold 8, selon The Tech Chap. Ces points restent à vérifier en conditions réelles.
Fermé, le Z Fold 8 offre un écran externe de 5,5 pouces au format 10:16, contre 5,4 pouces pour le Duo. Apple met en avant la continuité entre les deux écrans : ils partagent exactement le même ratio, ce qui permet à une application de passer de l’un à l’autre sans changer de forme. Samsung n’offre pas cette continuité, et notre test notait que le ratio de l’écran externe du Fold 8 « ne conviendra pas à tous ».
La caméra frontale diffère également : Samsung a abandonné le capteur sous écran depuis le Fold 5 et revient à un poinçon de 10 mégapixels. Apple intègre sa caméra FaceTime sous la dalle, avec une zone de pixels plus brillante visible sous certains angles et une définition non communiquée. Aucun des deux n’est compatible avec un stylet au moment de l’achat : Samsung a retiré la compatibilité S Pen du Fold 8, et Apple promet l’Apple Pencil USB-C sur les deux écrans du Duo « plus tard cette année ».
Photo : même compromis, exécutions distinctes
Ni l’iPhone Duo ni le Galaxy Z Fold 8 n’embarquent de téléobjectif. Samsung réserve cet élément au Fold 8 Ultra, Apple aux iPhone 18 Pro. Le Z Fold 8 dispose d’un capteur principal de 50 mégapixels f/1,8 stabilisé et d’un ultra grand-angle de 50 mégapixels. L’iPhone Duo propose un capteur principal de 48 mégapixels Fusion à ouverture fixe et un ultra grand-angle de 48 mégapixels, avec mode macro. Sur le papier, les configurations sont proches.
Les tests du Fold 8 indiquent un module correct de jour, mais moins convaincant en basse lumière, avec un zoom numérique qui perd rapidement en qualité. Apple promet un capteur large, une stabilisation par déplacement du capteur et un déclenchement sans latence en 48 mégapixels, mais aucune prise en main n’a encore évalué la photo de nuit. Les deux filment en 4K ; le Duo atteint 120 images par seconde en Dolby Vision, avec un mode Cinématique applicable après la capture, ce que Samsung ne propose pas.
Les fonctions liées au pliage se recoupent : le retour caméra sur l’écran externe pour les selfies avec les capteurs arrière existe chez Samsung depuis plusieurs années, Apple l’appelle Duo Preview. Le déclenchement automatique lorsque tout le monde pose, Smart Take chez Apple, tourne en local sur la puce A20 Pro et n’a pas d’équivalent direct chez Samsung. Les animations Peanuts pour attirer le regard des enfants (Kid Cue) rappellent des fonctions vues sur les Pixel Fold de Google. Duo FaceTime, qui permet à une personne de rejoindre un appel sur l’écran externe, est spécifique à Apple. Aucune de ces fonctions ne remplace un vrai zoom optique.
Logiciel : l’écart le plus difficile à quantifier
Android bénéficie de huit ans d’itérations sur les pliants. Depuis le premier Galaxy Fold, Google pousse les développeurs à gérer les changements de taille d’écran, avec des outils dédiés et une politique du Play Store qui valorise les applications adaptées aux grands écrans. Sur le Fold 8, la plupart des applications courantes s’étirent correctement en 4:3, affichent deux colonnes quand l’espace le permet et survivent au passage entre écran externe et interne sans redémarrage. One UI ajoute trois applications côte à côte, des fenêtres flottantes redimensionnables, une barre des tâches permanente, le glisser-déposer entre applications et DeX sur un écran externe. Notre test concluait que ce logiciel faisait du Fold 8 un objet abouti, au-delà de son châssis.
Apple arrive avec iOS 27.1 et une approche différente : un système repensé pour un seul appareil. Le dock passe à la verticale, la barre d’état se replie dans les coins, les commandes essentielles glissent sur le côté à portée du pouce, la Dynamic Island se redresse sur le bord des deux écrans, et chaque application maison a vu sa mise en page ajustée, jusqu’à l’écran verrouillé. Le système détecte son état : il réagit au pliage, se réoriente, bascule sur le bon écran quand on retourne l’appareil, éloigne le contenu de la zone de pliage à moitié ouvert et affiche les commandes en bas en mode table. La transition entre les deux écrans, avec un effet de flou laissant voir le contenu de l’autre écran pendant l’ouverture, a été décrite avec les mêmes mots dans toutes les prises en main. Le Fold 8 a même perdu le mode table que le Duo réintroduit.
Apple parie sur les applications tierces : au 23 octobre, Netflix, Zoom, Slack et quelques autres seront adaptés, le reste s’affichant au format iPhone étiré. Sur Android, ce problème est résolu depuis longtemps. Mais Apple dispose d’un avantage : lorsqu’une direction est imposée, les éditeurs suivent rapidement. Google a passé sept ans à encourager les développeurs à gérer les grands écrans, avec des résultats inégaux. Apple fournit un profil iPhone Duo dans Xcode et de nouvelles API, et le catalogue devrait s’adapter avant la deuxième génération. Le Duo sera moins bon que le Fold 8 sur les applications tierces à sa sortie, mais probablement meilleur dans un an.
Sur l’intelligence artificielle, l’écart est géographique. Le Fold 8 embarque Galaxy AI et Gemini, fonctionnels en France, avec traduction en direct, résumé, édition photo générative et assistant capable de lire l’écran. L’iPhone Duo est vendu avec Siri AI en tête d’affiche, mais Siri AI n’est pas disponible dans l’Union européenne au lancement, sans date annoncée. Apple Intelligence fonctionne, avec Clean Up, Image Playground et les résumés, mais les fonctions cloud sont soumises à des quotas quotidiens. Samsung promet sept ans de mises à jour Android ; Apple ne chiffre rien mais tient généralement six à sept ans.
Autonomie et charge : mesures contre promesses
Le Galaxy Z Fold 8 intègre une batterie de 4 800 mAh en silicium-carbone, une première chez Samsung, avec une charge 45 W qui remplit la moitié de la batterie en une vingtaine de minutes. Notre test a relevé une bonne endurance pour un pliant, sans être exceptionnelle, avec une chauffe perceptible en jeu prolongé.
Apple ne communique pas de capacité mais deux cellules, une par moitié, gérées par une puce dédiée. Les autonomies annoncées sont de 31 heures de vidéo sur l’écran interne, 44 heures sur l’externe et 24 heures d’usage mixte. Sur les iPhone 18 Pro, les chiffres d’Apple sont calés sur les modèles eSIM seule, ce qui rend ces promesses cohérentes pour le Duo, eSIM seule partout. La charge atteint 50 % en une vingtaine de minutes, comme le Samsung, mais avec un chargeur 60 W vendu séparément. Les deux acceptent le sans-fil : MagSafe et Qi2 25 W pour le Duo, ce qui ouvre l’écosystème d’accessoires aimantés.
L’eSIM obligatoire est la principale contrainte pratique du Duo en France. Tous les opérateurs la gèrent, mais certains forfaits low cost ou prépayés restent moins souples, et le transfert depuis un Android nécessite de passer par l’application de l’opérateur. Le Fold 8 conserve un tiroir nano-SIM en plus de l’eSIM.
Prix : un écart qui se creuse en pratique
Sur les fiches techniques, l’écart est de 340 euros : 1 999 euros pour le Galaxy Z Fold 8 en 256 Go, 2 339 euros pour l’iPhone Duo. Mais Samsung applique une politique de prix différente : après des offres de lancement, des bonus de reprise et des remises permanentes chez les revendeurs, le Fold 8 en 256 Go se trouvait à 1 599 euros au moment de la rédaction. L’écart réel avec le Duo atteint alors 740 euros. Un utilisateur ayant cumulé les offres a pu acquérir un Fold 8 en 512 Go pour 1 199 euros au lancement, soit 1 390 euros de moins qu’un Duo en 256 Go.
Apple ne fonctionne pas ainsi : le prix catalogue reste stable, les remises chez les revendeurs dépassent rarement 5 à 10 % dans les premiers mois, et la reprise d’un ancien iPhone, jusqu’à 1 020 euros pour un iPhone 13 ou plus récent, constitue le principal levier. Le Duo à 2 339 euros devrait rester à ce prix jusqu’à la prochaine génération.
En résumé, le Galaxy Z Fold 8 offre 53 grammes de moins, une IA fonctionnelle en France, un tiroir SIM et trois applications côte à côte. L’iPhone Duo propose un IP68 inédit sur un pliant, du titane, une dalle sans reflets, MagSafe, un stylet à venir et un logiciel dont la finition n’a pas d’équivalent. Le choix dépend de l’écosystème et des priorités matérielles.
Ce qui est confirmé et ce qui reste inconnu
Sont confirmés : les caractéristiques techniques du Galaxy Z Fold 8 (poids, dimensions, écrans, photo, batterie, prix constatés), les promesses constructeur d’Apple pour l’iPhone Duo (poids, dimensions, IP68, matériaux, écrans, photo, autonomie annoncée, prix), et la non-disponibilité de Siri AI dans l’Union européenne au lancement.
Restent inconnus : l’autonomie réelle de l’iPhone Duo, son comportement thermique, la qualité de ses photos en basse lumière, la visibilité effective du pli sur son écran nanotexturé, et l’ampleur de l’écart de contraste dû à la nanotexture. Le pli du Fold 8, sa chauffe en jeu et son endurance ont été mesurés par des tests indépendants, mais les comparaisons directes entre les deux appareils n’ont pas encore été réalisées sur une même table. La date de disponibilité de Siri AI en Europe n’est pas annoncée. Les performances logicielles du Duo sur les applications tierces à long terme restent à évaluer.
