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L’Afrique du Sud enquête sur les tarifs de Netflix et WhatsApp

Hand holding a smartphone displaying popular music apps like Spotify and Shazam in a close-up shot.

L’ICASA, l’autorité indépendante des communications d’Afrique du Sud, a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les prix des services de télécommunications, en particulier ceux dits over-the-top (OTT) comme Netflix et WhatsApp. Cette décision intervient dans un contexte de préoccupation gouvernementale croissante face à la hausse des tarifs des services numériques et télécoms.

Une enquête ciblant les services over-the-top

L’enquête de l’ICASA porte sur les services qui fournissent du contenu directement via Internet, sans passer par les réseaux télécoms traditionnels. Netflix et WhatsApp, propriété de Meta, sont explicitement mentionnés comme exemples. Pour Netflix, le tarif de la formule Premium en Afrique du Sud est de 229 rands par mois, soit environ 12,36 euros. Ce montant peut sembler modéré comparé à d’autres marchés, mais il représente environ 1,5 % du budget mensuel net d’un ménage dont le salaire médian se situe entre 15 000 et 17 000 rands (environ 800 à 900 euros).

L’ICASA s’interroge sur l’impact de ces services sur le secteur traditionnel de la radiodiffusion. Selon l’autorité, les acteurs historiques ont dû s’adapter pour générer des revenus, ce qui s’est traduit par une augmentation des prix des services de télécommunications dans leur ensemble. L’enquête vise donc à comprendre comment les OTT influencent la structure des coûts et la concurrence.

Un contexte de hausse des prix et d’intervention gouvernementale

Un mois avant l’annonce de l’ICASA, le ministre sud-africain des Communications avait demandé à des experts de proposer des mesures pour réduire les tarifs des abonnements Internet et mobiles. Cette initiative fait suite à un constat : malgré l’attribution de nouvelles fréquences aux opérateurs mobiles en 2022, censée faire baisser les coûts, les prix des forfaits ont augmenté plus vite que l’inflation. Le gouvernement s’inquiète d’une disparité et d’une complexité marquée des prix des données, les citoyens supportant des coûts excessifs par rapport aux normes mondiales et continentales. Le Département des communications et des technologies numériques a déclaré qu’il est nécessaire d’intervenir par des mesures politiques.

Cette enquête n’est pas la première tentative de régulation des services de télécommunications en Afrique du Sud. Jusqu’à présent, aucune mesure gouvernementale n’a réellement atteint l’objectif de faire baisser les prix. L’ICASA devra donc naviguer dans un environnement complexe, où les services OTT comme Netflix et WhatsApp sont largement utilisés mais où leur modèle économique échappe aux cadres réglementaires traditionnels.

Conséquences pour les utilisateurs et le marché

Pour les consommateurs sud-africains, l’enquête pourrait aboutir à une meilleure transparence sur les coûts des services OTT et, à terme, à des ajustements tarifaires. Cependant, les OTT ne sont pas des opérateurs télécoms classiques : ils ne possèdent pas d’infrastructures réseau et ne sont pas soumis aux mêmes obligations. Une régulation directe de leurs prix serait donc complexe à mettre en œuvre.

Pour les acteurs du secteur, cette enquête signale une volonté de l’État de reprendre la main sur un marché en mutation. Les opérateurs traditionnels, qui investissent dans les réseaux, pourraient voir leurs coûts mieux pris en compte si les OTT sont amenés à contribuer davantage. Mais toute mesure risque de se heurter à la nature internationale de ces services et à la difficulté de fixer des prix adaptés à chaque marché.

Ce qui est confirmé : l’ICASA a lancé une enquête sur les prix des services OTT, avec Netflix et WhatsApp cités comme exemples. Le gouvernement sud-africain a exprimé son inquiétude face à la hausse des tarifs télécoms et à l’impact des OTT sur le secteur. Ce qui reste inconnu : le calendrier précis de l’enquête, les conclusions potentielles et les mesures qui pourraient en découler. Aucune décision n’a été annoncée quant à une éventuelle régulation des prix de Netflix ou de WhatsApp.