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OpenAI annonce une solution au problème de Navier-Stokes, entachée par une controverse sur les crédits

Photo d’illustration

OpenAI a annoncé aujourd’hui avoir résolu le problème de Navier-Stokes, l’un des problèmes du Prix du Millénaire, une collection de sept questions mathématiques complexes établie en 2000 par le Clay Mathematics Institute. Cette solution, si elle est confirmée, représenterait une avancée significative pour l’application de l’intelligence artificielle aux mathématiques pures. Cependant, l’annonce est entachée par une polémique sur l’origine des travaux et les tentatives présumées d’OpenAI d’influencer l’attribution des crédits.

Le problème de Navier-Stokes et son importance

Le problème de Navier-Stokes concerne la dynamique des fluides, soit les lois qui régissent le comportement des liquides et des gaz. La question posée aux mathématiciens, en termes simples, est de déterminer s’il existe des cas limites où les équations de Navier-Stokes produisent des résultats physiquement impossibles. Ce problème, non résolu depuis des décennies, est l’un des sept défis du Millénaire, chacun doté d’un prix d’un million de dollars. À ce jour, un seul de ces problèmes avait été résolu, ce qui souligne l’ampleur de l’accomplissement revendiqué.

Une annonce entachée de controverses

Selon le mathématicien Tristan Buckmaster, de l’Université de New York, lui et son collègue Levent Alpöge, chercheur chez Anthropic mais agissant à titre personnel, travaillaient sur leur propre solution. Ils utilisaient plusieurs modèles de langage, dont Claude d’Anthropic, l’outil Codex d’OpenAI et le modèle Astra. Buckmaster affirme qu’OpenAI aurait intensifié ses efforts après avoir appris qu’une équipe proche d’Anthropic était sur le point de trouver une solution. Il s’interroge sur l’utilisation éventuelle de leurs sessions Codex, où ils avaient consigné leurs brouillons. Interrogé sur un possible accès à ces données, OpenAI a affirmé que le modèle ne consultait pas les données utilisateur, mais n’a pas répondu clairement sur la question de l’entraînement.

Buckmaster relate ensuite une conversation avec Sebastien Bubeck, mathématicien chez OpenAI, et une autre personne non identifiée, au cours de laquelle deux options lui auraient été proposées : soit publier un développement partiel, avec OpenAI publiant sa solution le lendemain, soit rédiger un article en solo créditant l’utilisation d’un modèle d’OpenAI, sans le nom d’Alpöge. Buckmaster affirme avoir refusé ces deux propositions. Bubeck et Sam Altman, PDG d’OpenAI, ont publié leurs versions des faits sur les réseaux sociaux, Bubeck démentant spécifiquement avoir demandé le retrait du nom d’Alpöge. OpenAI a également déclaré qu’elle ne prévoyait pas de réclamer le prix d’un million de dollars.

Conséquences pour la recherche et l’avenir des maths

Cette affaire soulève des questions cruciales sur l’éthique de la recherche assistée par IA, notamment en ce qui concerne la propriété intellectuelle, la transparence et l’équité dans l’attribution des crédits. L’utilisation d’outils d’IA par des chercheurs indépendants ou concurrents brouille les frontières traditionnelles de la paternité académique. La communauté mathématique observe avec attention comment ces précédents façonneront les collaborations futures entre chercheurs et entreprises d’IA. La solution de Navier-Stokes, si elle est validée, pourrait ouvrir la voie à d’autres résolutions de problèmes millénaires par l’IA, mais les conditions de cette reconnaissance demeurent floues.

Ce qui est confirmé et ce qui reste en suspens

Pour l’instant, seule l’annonce d’OpenAI est officielle, mais aucune publication évaluée par les pairs n’a encore été rendue publique. Les accusations de Buckmaster n’ont pas été vérifiées de manière indépendante, et la réponse d’OpenAI se limite à des déclarations sur les réseaux sociaux. La question de savoir si les travaux de Buckmaster et Alpöge ont été utilisés sans autorisation reste ouverte. L’intégrité de la solution et la paternité intellectuelle feront l’objet d’un examen minutieux dans les prochaines semaines.