Dans les lycées, les ordinateurs distribués par les régions suscitent des interrogations sur leurs capacités et la protection de la vie privée. Le dispositif varie : le Grand Est fournit un Asus ExpertBook B1 sous Windows 11 avec 8 Go de RAM et 256 Go de stockage, tandis que l’Île-de-France opte pour un Chromebook Asus CM14 sous ChromeOS. Les deux régions reversent la propriété de la machine à l’élève en fin de scolarité, une fois la gestion à distance désactivée.
Des configurations adaptées au travail scolaire
Pour la scolarité, ces ordinateurs assurent sans problème la navigation web, le traitement de texte, la visioconférence et l’accès aux espaces numériques de travail comme Pronote. En revanche, les logiciels gourmands comme le montage vidéo 4K ou la modélisation 3D saturent rapidement le processeur et la mémoire. Le stockage limité à 256 Go se remplit également vite avec de gros fichiers.
Le streaming à la maison fonctionne bien grâce aux puces de décodage vidéo intégrées : les plateformes comme Netflix ou YouTube tournent en haute définition sans ralentissement. Au lycée, si un site de divertissement est bloqué, c’est le réseau Wi-Fi de l’établissement qui en est responsable, pas la machine.
Jeux vidéo : le cloud gaming comme alternative
Les jeux natifs exigent des ressources que ces configurations ne possèdent pas. Si des titres comme Minecraft ou League of Legends fonctionnent en réglages réduits, les jeux récents type Fortnite ou Valorant sont injouables. Sur Chromebook, les jeux Windows ne sont pas installables. Toutefois, le cloud gaming avec GeForce NOW ou Xbox Cloud Gaming permet de jouer aux gros titres pourvu que la connexion Wi-Fi soit bonne, car tout le calcul est effectué à distance.
Gestion de flotte : ce que la région voit et ce qu’elle ignore
Les ordinateurs sont administrés via un système MDM qui permet à la région de suivre l’état matériel, les mises à jour de sécurité et de verrouiller l’appareil en cas de vol. L’accès administrateur peut restreindre l’installation de certains logiciels, comme les VPN. Cependant, la région n’a pas accès à la webcam ni au micro – souvent protégés par un cache physique – et aucun keylogger n’est embarqué.
En Île-de-France, les données des élèves sont volontairement stockées sur le Drive régional et non sur les serveurs de Google, afin de ne pas exposer les données de mineurs au géant américain.
Réseau : la frontière de la vie privée
Sur le Wi-Fi domestique, la région ne peut pas voir l’historique de navigation. En revanche, sur le réseau du lycée, tous les échanges passent par des pare-feux et proxys qui filtrent les sites illicites et les réseaux sociaux, et consignent les tentatives d’accès.
En somme, ces ordinateurs remplissent leur mission première : un usage scolaire avec les outils de base. Pour ceux qui espèrent en faire des machines polyvalentes à part entière, les limites se font rapidement sentir, même si des solutions comme le cloud gaming offrent des possibilités supplémentaires. La vie privée, elle, est moins menacée par une surveillance cachée que par le choix du réseau utilisé.
