Après avoir assemblé un serveur maison économique basé sur la plateforme AM4, le moment est venu de choisir son système d’exploitation. Pour un usage homelab, Proxmox s’est imposé comme une option crédible, notamment grâce à ses capacités de virtualisation. Le récit qui suit détaille les premières étapes, de l’installation à la mise en place d’un serveur multimédia Jellyfin, en passant par les particularités de configuration.
Installation et premières configurations
L’installation de Proxmox s’est révélée relativement simple. L’image ISO de la version 9.2, téléchargée depuis le site officiel, a été copiée sur une clé Ventoy. Le serveur a reconnu l’image au démarrage, et l’installateur graphique a guidé l’utilisateur tout au long du processus, qui n’a pris qu’environ une minute. Un point de blocage mineur est survenu lors du choix du nom d’utilisateur, mais rien de rédhibitoire.
Après un redémarrage, l’accès au système passe par une interface web, accessible avec un compte root. La mise à jour du système, en revanche, s’est avérée moins intuitive. Les dépôts Enterprise, activés par défaut, doivent être désactivés au profit des dépôts communautaires pour bénéficier des mises à jour. Cette manipulation, bien que documentée, demande une certaine recherche. Une fois ces réglages effectués, la mise à jour s’est déroulée normalement.
Proxmox étant basé sur Debian, il utilise le gestionnaire de paquets apt. Cela permet d’installer des logiciels comme sur toute distribution Debian classique. L’installation de programmes tels que Fastfetch s’est faite sans difficulté. En revanche, l’utilisation de GPU Nvidia peut nécessiter des ajustements supplémentaires, un point récurrent avec ce matériel.
Jellyfin en machine virtuelle : une approche différente
La première application testée a été Jellyfin, une solution libre de gestion de médias. Plutôt que d’utiliser un conteneur comme sur un serveur classique, Proxmox crée une machine virtuelle dédiée. Bien que cela puisse sembler contre-intuitif en raison d’un surplus de ressources, cette approche offre la possibilité d’exécuter plusieurs services au sein de la même VM, comme le partage Samba.
L’installation de Jellyfin a été facilitée par les scripts communautaires Proxmox VE Helper-Scripts. Ces scripts automatisent toute la procédure et constituent un atout majeur pour les débutants. L’installateur permet de choisir entre un accès non privilégié ou privilégié, une option qui isole plus ou moins l’installation du reste du système. L’option non privilégiée a été retenue.
Jellyfin prend en charge les cartes Nvidia, et l’installateur a détecté la carte RTX A2000. Il a proposé de télécharger et d’installer les pilotes à l’intérieur de la VM, permettant l’accélération matérielle complète, y compris NVENC. La RTX A2000 supporte également la technologie vGPU, qui permet de partitionner la carte graphique en plusieurs unités virtuelles. Cela pourrait permettre de faire fonctionner plusieurs instances de Jellyfin ou d’allouer une partie du GPU à d’autres tâches simultanément.
Bilan et perspectives
Après une semaine d’utilisation, Proxmox a radicalement changé la perception de l’utilisateur sur les serveurs maison. L’accessibilité, la documentation et le support de la communauté sont salués. La virtualisation ouvre des possibilités étendues, bien au-delà de la simple exécution d’applications. L’intention est de poursuivre l’expérience en installant plusieurs machines virtuelles, sous Windows et Linux.
Il reste à vérifier la stabilité à long terme et les performances réelles de la virtualisation, en particulier avec le GPU. Les pistes d’exploration sont nombreuses, et il est probable que les capacités de Proxmox seront poussées plus loin à l’avenir. Pour l’instant, les bases sont posées et le potentiel est clairement là.
