Le 7 septembre 2026, le spécialiste taïwanais des batteries ProLogium a annoncé le début de la production en grande série de ses cellules à électrolyte solide. Une cellule qui affiche une densité énergétique record de 381 Wh/kg, un chiffre vérifié par un organisme indépendant (le TÜV allemand) et conforme à la nouvelle norme chinoise distinguant les batteries « tout-solide » des « semi-solides ». Cette annonce intervient alors que l’entreprise prépare l’ouverture de son usine de Dunkerque, dont la production est attendue à l’horizon 2030.
Une cellule tout-solide de quatrième génération
ProLogium travaille sur cette technologie depuis 2012 et produit déjà des cellules en petite quantité depuis 2013, d’abord pour l’électronique grand public avant de viser l’automobile. Aujourd’hui, l’entreprise en est à sa quatrième génération de batterie et à sa troisième génération de ligne de production. Elle revendique plus de 2,4 millions de cellules déjà livrées.
La nouvelle cellule atteint 381 Wh/kg, contre environ 250 à 300 Wh/kg pour les meilleures cellules lithium-ion actuelles. Cette densité énergétique supérieure ouvre la voie à des véhicules électriques plus légers ou avec une autonomie accrue. Le remplacement de l’électrolyte liquide inflammable par un matériau solide améliore également la sécurité et permet potentiellement d’encaisser plus d’énergie dans le même volume.
L’entreprise souligne la continuité de sa démarche : plutôt que de tout reconstruire à chaque génération, elle fait évoluer la recette chimique en conservant la même chaîne de fabrication. Selon ProLogium, la prochaine génération (Gen 4) ne nécessiterait que 10 % de modifications sur les lignes existantes.
Des clients en attente mais des volumes encore faibles
ProLogium peut s’appuyer sur des clients concrets. Un fournisseur américain de systèmes audio équipe déjà des voitures d’un grand constructeur japonais, avec plus de 175 commandes passées et environ 900 000 cellules livrées. L’entreprise est également soutenue financièrement par Mercedes et a travaillé avec les constructeurs chinois Nio et Aiways.
Cependant, les volumes actuels restent modestes. L’usine taïwanaise de ProLogium ne produit qu’environ 0,5 GWh par an, soit de quoi équiper à peine plus de 6 000 véhicules électriques avec une batterie de 80 kWh. Ce chiffre relativise le terme de « production de masse » employé par l’entreprise.
Le défi de l’industrialisation en France
Le véritable enjeu pour ProLogium est l’industrialisation à grande échelle. L’usine prévue à Dunkerque vise une capacité de 4 GWh d’ici 2030, avec un potentiel de 44 GWh à terme, soit près de cent fois la capacité actuelle de l’usine taïwanaise. Un site nord-américain est également envisagé, avec une approche progressive : d’abord expédier les composants centraux des cellules vers des partenaires locaux qui les assembleraient sur place, avant d’envisager une production complète si la demande suit.
Ce qui est confirmé et ce qui reste inconnu
Il est confirmé que ProLogium a produit des cellules atteignant 381 Wh/kg selon des tests indépendants et que la production a débuté. L’entreprise affirme que cette cellule répond aux critères de la norme chinoise « tout-solide ». Les volumes actuels sont toutefois très faibles par rapport aux besoins de l’industrie automobile.
Reste inconnu le comportement de ces cellules une fois produites à l’échelle industrielle, c’est-à-dire sur des milliers puis des millions d’unités. La fiabilité et la durabilité de la technologie solide sur le long terme demeurent à démontrer. La date de démarrage de l’usine de Dunkerque et la montée en cadence dépendront des résultats de cette phase de production préliminaire.
