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Sense and Sensibility : les adaptations de Jane Austen à revoir avant la nouvelle version

Photo d’illustration

Une nouvelle adaptation de Sense and Sensibility est en préparation, avec Daisy Edgar-Jones et Esmé Creed-Miles dans les rôles des sœurs Elinor et Marianne Dashwood, dont les approches de l’amour diffèrent fortement. Pour patienter, il est possible de revenir sur les adaptations les plus marquantes des romans de Jane Austen, dont certaines sont devenues presque aussi connues que les œuvres originales. Plusieurs d’entre elles transposent d’ailleurs l’intrigue dans des contextes très éloignés de l’Angleterre du XIXe siècle.

Persuasion : l’amour après une occasion manquée

Cette adaptation suit Anne Elliot (Amanda Root), qui a rejeté une demande en mariage du capitaine Frederick Wentworth (Ciarán Hinds) lorsqu’elle était plus jeune. Sa famille estimait alors que Wentworth n’avait ni la fortune ni le rang nécessaires. Huit ans plus tard, il revient après avoir bâti une situation financière solide, tandis que la famille d’Anne peine à maintenir un train de vie qu’elle ne peut plus financer.

Les deux personnages sont donc amenés à se recroiser, alors qu’Anne garde encore des sentiments pour lui. Le film s’intéresse moins à l’excitation d’un premier amour qu’à la question de savoir si Anne et Wentworth parviendront à dépasser ce qui s’est passé. Le jeu de Root donne à Anne une personnalité plus discrète que celle d’autres héroïnes austeniennes plus volubiles. Une grande partie de son histoire repose sur ce qu’elle ne dit pas, notamment lorsqu’elle doit assister au retour de Wentworth à la vie sociale. Pour repérer les interprètes, notons également Susan Fleetwood en Lady Russell et Fiona Shaw en Mrs. Croft.

Clueless : Emma transposée à Beverly Hills

Clueless reprend l’intrigue d’Emma et la déplace de l’Angleterre du XIXe siècle vers un lycée de Beverly Hills. Alicia Silverstone incarne Cher Horowitz, une adolescente riche et populaire qui aime donner des conseils aux autres, qu’on les lui demande ou non. Après avoir contribué à réunir deux de ses professeurs, Cher entreprend de relooker Tai (Brittany Murphy), socialement maladroite, et de lui trouver un petit ami.

Cher croit savoir ce qui convient à Tai, mais ses plans dérapent à mesure que Tai prend confiance et commence à décider pour elle-même. Le lien le plus direct avec Austen réside dans la relation entre Cher et Josh (Paul Rudd), son ancien demi-frère : les deux passent l’essentiel du récit à se disputer avant que Cher ne prenne conscience de ses sentiments. L’intérêt d’Clueless tient à ce qu’il ne recopie pas Emma : il reprend les relations entre personnages et les installe dans un tout autre cadre. L’attention d’Emma aux statuts sociaux et au mariage devient chez Cher une obsession pour les vêtements et la popularité, mais son défaut principal, se croire plus clairvoyante que son entourage, reste fidèle au texte d’origine.

Pride & Prejudice : la version de Joe Wright

Le Pride & Prejudice de Joe Wright suit Elizabeth Bennet (Keira Knightley), deuxième de cinq sœurs dont la mère, Mrs. Bennet (Brenda Blethyn), veut à tout prix voir les filles mariées. Elizabeth refuse de se marier par simple conformité sociale, ce qui crée des tensions lorsqu’elle rencontre le riche et apparemment arrogant Mr. Darcy (Matthew Macfadyen).

Elizabeth se persuade rapidement qu’elle ne l’aime pas, tandis que les sentiments de Darcy deviennent plus complexes. En parallèle, sa sœur aînée Jane (Rosamund Pike) tombe amoureuse du riche Mr. Bingley (Simon Woods) et la famille Bennet se retrouve entraînée par le comportement de plus en plus désordonné des sœurs cadettes. Le film est plus romantique que d’autres adaptations austeniennes, et la mise en scène insiste sur l’attirance grandissante entre Elizabeth et Darcy. Knightley donne à Elizabeth beaucoup de caractère, tandis que le Darcy de Macfadyen reste plus réservé. Certaines parties du roman sont condensées, mais la relation centrale reste facile à suivre.

Love & Friendship : une héroïne manipulatrice

Love & Friendship s’appuie sur la nouvelle Lady Susan et suit Lady Susan Vernon (Kate Beckinsale), récemment veuve, qui cherche à sécuriser son avenir. Contrairement aux héroïnes les plus connues d’Austen, Lady Susan se soucie peu de paraître fréquentable aux yeux de son entourage. Elle finit par viser Reginald DeCourcy (Xavier Samuel), jeune homme fortuné dont la famille se méfie immédiatement d’elle.

En parallèle, Lady Susan tente d’organiser le mariage de sa fille Frederica (Morfydd Clark) tout en entretenant une amitié compliquée avec Alicia Johnson (Chloë Sevigny). Le film met davantage l’accent sur la manipulation et les jeux sociaux que sur l’attente romantique de Sense and Sensibility. Lady Susan sait ce qu’elle veut, et les meilleurs moments viennent des moyens de plus en plus astucieux qu’elle déploie pour l’obtenir. Le récit ne demande pas de la prendre au sérieux : il transforme les observations d’Austen sur le mariage, l’argent et les attentes sociales en une comédie où chacun tente de manœuvrer l’autre. Emma Greenwell complète la distribution en Catherine DeCourcy Vernon.

Emma : une héroïne entremetteuse en costumes d’époque

Cette version d’Emma suit l’héroïne éponyme (Anya Taylor-Joy), qui aime intervenir dans la vie amoureuse de son entourage. Persuadée d’avoir un talent d’entremetteuse, elle entreprend d’aider son amie Harriet Smith (Mia Goth) à trouver un mari convenable, sans toujours comprendre ce que les personnes autour d’elle souhaitent réellement.

Ses plans se compliquent quand Harriet développe des sentiments pour quelqu’un d’autre, et Emma se découvre elle-même un intérêt croissant pour George Knightley (Johnny Flynn), l’un des rares à contester ses idées. Cette relation donne au film un arc romantique plus classique, à mesure qu’Emma réalise qu’elle ne comprend pas forcément ses propres sentiments. Le style est plus coloré et enjoué que dans d’autres adaptations, mais l’intrigue de base reste intacte. Taylor-Joy rend Emma très sûre d’elle sans la rendre antipathique, et les costumes et décors soignés donnent à l’ensemble une identité visuelle marquée. Bill Nighy, dans le rôle du père hypocondriaque d’Emma, ajoute une dose d’humour supplémentaire.

Par où commencer

Il n’est pas nécessaire de suivre un ordre particulier : chaque adaptation tient debout seule, et l’intérêt vient aussi de la manière dont les cinéastes réinterprètent les mêmes matériaux. Clueless reste probablement le choix le plus accessible pour qui n’est pas attiré par les drames en costumes.

Aucun de ces films ne restitue complètement ce qui fait la particularité de la lecture d’Austen : ses romans passent beaucoup de temps dans les pensées de ses personnages, au point que les plus petits détails comptent. Les films permettent surtout de mesurer ce qui, dans le succès d’Austen, relève des histoires elles-mêmes et ce qui dépend de la façon dont chaque réalisateur choisit de les raconter.

Concernant la nouvelle adaptation de Sense and Sensibility, le dossier confirme la présence de Daisy Edgar-Jones (Elinor Dashwood), Esmé Creed-Miles (Marianne Dashwood), Caitriona Balfe (Mrs. Dashwood) et Bodhi Rae Breathnach (Margaret Dashwood). Aucune date de sortie, aucun format de diffusion ni aucune autre information de production ne sont précisés.

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