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Smartphones : la fin du bon marché, entre hausse des prix et reculs techniques

A woman with a mask shops in a grocery store using her smartphone and basket in hand.

La rentrée 2026 marque un tournant pour le marché des smartphones. Fini le temps où chaque nouvelle génération apportait des améliorations à prix stable. Désormais, plusieurs constructeurs proposent des modèles plus chers et, parfois, moins bons que leurs prédécesseurs. Cette tendance, amorcée depuis quelques mois, s’explique par une conjonction de facteurs, au premier rang desquels la flambée du coût de la mémoire.

Une crise de la mémoire aux répercussions directes

La RAM et le stockage des smartphones sont produits sur les mêmes chaînes que les puces destinées aux data centers d’intelligence artificielle. Ces infrastructures, en pleine expansion, absorbent une part croissante de la production, ce qui réduit l’offre disponible pour le grand public et fait grimper les prix. Selon le cabinet Counterpoint Research, le tarif de la mémoire a été multiplié par quatre depuis le dernier trimestre 2025. Cette hausse se répercute mécaniquement sur le prix final des appareils.

D’après Omdia, les smartphones vendus à moins de 400 dollars (environ 350 euros) ont reculé de plus de 22 % cet été. Par ailleurs, les modèles déjà en rayon ont vu leur prix augmenter de 15 % en moyenne en 2026, à l’image du Phone (4a) de Nothing ou des iPhone d’anciennes générations. Pour les nouveautés, la hausse atteint environ 25 % par rapport au modèle remplacé, sous l’effet combiné de la crise de la mémoire, de tensions géopolitiques et de variations monétaires qui alourdissent les coûts logistiques.

Des nouveautés plus chères et moins bien équipées

Les exemples se multiplient. En mars 2026, le Pixel 10a de Google reprenait presque trait pour trait la fiche de son prédécesseur, le Pixel 9a, avec un module photo affleurant, une charge un peu plus rapide et une meilleure protection d’écran, mais sans baisse de prix. Quelques mois plus tard, le Motorola Razr 70 a gagné en photo et en performances, mais son prix a augmenté de 100 euros, soit plus de 10 %.

La rentrée a marqué une accélération. Le Redmi Note 17 5G cumule les régressions : processeur moins puissant, capteurs photo en baisse, suppression de la stabilisation optique et de l’ultra grand-angle, mémoire réduite et un seul haut-parleur au lieu de deux. Le tout pour 350 euros, contre 300 euros auparavant. Chez Samsung, le Galaxy A18 4G, lancé mi-septembre à 279 euros, coûte 80 euros de plus que le Galaxy A17 4G sorti un an plus tôt, soit près de 40 % de hausse. En échange, le processeur progresse, mais la protection d’écran descend d’un cran et le poids comme les dimensions augmentent. Le Galaxy A27 suit la même logique : ultra grand-angle et capteur selfie moins définis, Bluetooth rétrogradé de la version 5.3 à 5.1, et un prix en hausse.

Le premium, refuge de l’innovation

L’innovation ne disparaît pas, mais elle se concentre sur le haut de gamme. Oppo s’apprête à lancer le Find X10 Pro Max, premier smartphone doté de trois capteurs photo arrière de 200 mégapixels chacun. Apple a augmenté ses tarifs de 150 euros sur les iPhone 18 Pro. Les constructeurs Android ne sont pas en reste : le Find X9 Ultra était facturé 1700 euros à sa sortie, et certains évoquent des prix encore plus élevés pour les prochains modèles. Cette stratégie crée un fossé croissant entre les appareils abordables et les flagships, dont les prix s’envolent.

Conséquences pour les utilisateurs

Face à cette situation, les consommateurs doivent adapter leurs habitudes. La première recommandation est de conserver son smartphone actuel le plus longtemps possible. En cas de renouvellement nécessaire, mieux vaut se tourner vers des modèles de 2024, 2025 ou du début 2026, dont les prix ont baissé et qui offrent souvent un meilleur rapport qualité-prix que les nouveautés. La génération Redmi Note 15, sortie en janvier, en est un exemple : moins chère que les Note 17, elle reste solide. Sur Android, les prix chutent rapidement après la sortie, contrairement à l’écosystème Apple.

Un autre point à surveiller est la date de lancement. Les mises à jour logicielles, comme les 4 ans de versions majeures et 6 ans de correctifs de sécurité chez Xiaomi, débutent au lancement du modèle, et non à l’achat. Un appareil sorti il y a un an a donc déjà consommé une année de support. Il est donc prudent de vérifier la politique de mise à jour avant d’acheter.

Les prévisions pour 2026 sont sombres : IDC annonce une chute de 16,7 % des livraisons mondiales de smartphones, la pire année de l’histoire du secteur, tandis que le prix moyen devrait grimper de 27,6 % pour atteindre 581 dollars (environ 505 euros). La mémoire devrait rester chère au moins jusqu’en 2028, ce qui laisse présager une période durable de prix élevés. Pour de nombreux analystes, l’ère du smartphone bon marché appartient désormais au passé.