Un utilisateur, après des années d’utilisation de Google Drive, OneDrive et Dropbox, a basculé vers Syncthing pour synchroniser ses fichiers entre appareils. La principale motivation : les transferts locaux passaient par le cloud, ce qui allongeait inutilement le trajet des données. Avec Syncthing, les machines communiquent directement sur le réseau local, et les fichiers circulent sans détour par un serveur distant.
Des transferts accélérés par le réseau local
Le constat de départ est simple : deux appareils placés sur le même bureau n’ont aucune raison d’envoyer leurs fichiers vers un centre de données pour les rapatrier ensuite. Dans la configuration de l’utilisateur, un dossier projet volumineux était régulièrement déplacé entre deux machines proches. Avec OneDrive, chaque transfert impliquait un envoi vers le cloud puis un téléchargement. Syncthing, en permettant une connexion directe sur le réseau local, a éliminé cette étape intermédiaire. Les fichiers vivent désormais sur des disques que l’utilisateur possède, et la bande passante locale est enfin exploitée.
Pour mesurer l’écart, un test a été réalisé avec une archive ZIP de 15,2 Go, jamais synchronisée auparavant. Les deux appareils étaient connectés au même Wi-Fi, avec un débit mesuré de 27 Mbit/s en téléchargement et 10 Mbit/s en envoi. Du côté de OneDrive, le temps total correspondait presque exactement au temps d’upload à 10 Mbit/s suivi d’un download à 27 Mbit/s. Google Drive et Dropbox ont montré le même comportement, avec des variations mineures. Syncthing, lui, a terminé le transfert en environ 30 minutes, grâce à une transmission directe entre les machines.
Un avantage qui se prolonge après la première synchronisation
Lors d’un premier transfert, chaque octet doit être déplacé une fois. Mais ensuite, l’avantage de Syncthing s’installe durablement. Quand un fichier change, l’outil compare les blocs et ne transfère que ceux qui ont été modifiés. C’est comparable à réimprimer uniquement la page mise à jour plutôt que d’expédier tout le document. Après une synchronisation initiale complète, les échanges restent économes, tant que les appareils peuvent communiquer.
Ce mécanisme de transfert différentiel réduit la charge sur le réseau et accélère les mises à jour quotidiennes, surtout pour les fichiers volumineux ou les projets comportant de nombreuses modifications partielles.
Fonctionnement en dehors du réseau local et limites de la synchro
Il serait naturel de penser que Syncthing ne fonctionne qu’à la maison. En pratique, les appareils tentent d’établir une connexion directe via internet. Quand cela réussit, la synchronisation reste possible, même si elle est plus lente que sur le réseau local. Cependant, certaines configurations de routeur ou de NAT bloquent la connexion directe. Dans ce cas, il est nécessaire de laisser actives la découverte globale et la fonction de relais. La découverte aide les machines à se trouver, et le relais offre un chemin de secours. Le relais peut constater que deux appareils communiquent, mais il ne peut pas lire les données synchronisées. L’inconvénient est une perte de vitesse notable, et les performances locales ne sont plus garanties.
Un point crucial est parfois oublié : synchroniser n’est pas sauvegarder. Si un fichier est supprimé ou écrasé sur une machine, l’action se réplique sur toutes les autres. Un sync protège contre la défaillance d’un disque, mais pas contre une suppression accidentelle propagée à l’ensemble du parc. Des options de versionnage existent dans Syncthing, mais elles ne sont pas activées par défaut. Pour sécuriser ses données, l’utilisateur a mis en place des règles de versionnage, ajouté des disques supplémentaires et conserve des copies hors ligne de certains fichiers.
Ce qui est confirmé et ce qui reste à déterminer
Le gain de performance avec Syncthing sur un réseau local est démontré par le test chronométré. La possibilité de synchroniser hors du domicile, via connexion directe ou relais, est également établie, avec des limites selon l’infrastructure réseau. En revanche, la fiabilité à long terme du relais ou les performances exactes sur des réseaux très hétérogènes ne sont pas documentées. De plus, les économies annoncées — entre 120 et 240 dollars par an selon l’utilisateur — dépendent des abonnements supprimés, et il n’est pas précisé si des coûts de maintenance ou d’électricité supplémentaires viennent en réduire l’ampleur. Enfin, la configuration du versionnage n’est pas détaillée, et son efficacité réelle reste à évaluer selon les besoins de chacun.
