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Téléviseurs OLED LG : ce que révèle l’analyse du trafic réseau en veille

Smart TV displaying streaming content in modern living room setting with exposed brick wall.

Une analyse publiée le 7 septembre 2026 par Gamers Nexus, avec la participation de Wendell Wilson et de chercheurs indépendants, a porté sur des téléviseurs OLED LG achetés dans le commerce, dont un modèle G5 de 2025. Le travail a mobilisé plus de 500 heures et environ 70 000 dollars de matériel. À l’aide de l’analyseur de paquets Wireshark, l’équipe a observé le comportement réseau et audio de ces appareils, y compris en veille.

Ce que l’analyse a mesuré

Le téléviseur balaye le réseau local via le protocole UPnP et a identifié 38 appareils sans lien avec lui : smartphones, montres connectées, imprimante 3D, purificateur d’air et thermostats. Il relève également le nom et la puissance des réseaux Wi-Fi voisins, des données qui permettent de le géolocaliser à quelques dizaines de mètres près.

Côté micro, la coupure logicielle n’atteint pas le second microphone. Un téléviseur privé de connexion Ethernet stocke les sons captés puis les transmet dès qu’il retrouve un accès réseau. Les chercheurs ont capté une conversation tenue à environ 18 mètres, derrière une cloison.

Le scan du réseau, la reconnaissance automatique de contenu (ACR, qui analyse ce qui s’affiche à l’écran quelle que soit la source HDMI) et la collecte des réseaux Wi-Fi voisins s’activent sur un téléviseur sorti du carton, dès la mise sous tension. L’ACR continue de fonctionner même lorsque l’écran sert de moniteur pour un ordinateur portable : changer d’entrée ne l’interrompt pas.

Les chercheurs indiquent aussi avoir trouvé dans webOS du code de proxy résidentiel, susceptible de faire transiter le trafic d’inconnus par la connexion de l’utilisateur. Ce dernier point n’a pas été vérifié par un tiers à ce stade.

Contexte et enjeux

Ces flux alimentent LG Ad Solutions, la régie publicitaire du groupe, issue du rachat d’Alphonso en 2021. Cette régie revendique 216 millions de téléviseurs LG dans le monde. En mai, LG avait signé un accord avec l’État du Texas l’engageant à obtenir un consentement éclairé avant toute collecte de données de visionnage. Quatre mois plus tard, les mesures du laboratoire montrent un fonctionnement différent.

Interrogé, LG déclare collaborer avec des experts en sécurité indépendants afin d’identifier les vulnérabilités et de déployer des mises à jour de sécurité dans les meilleurs délais. En Europe, le RGPD suppose un consentement pour ce type de collecte. On ignore à ce stade si les modèles vendus en France appliquent les mêmes réglages par défaut et le même périmètre de collecte.

Réglages et solutions concrètes

Dans les menus, il est possible de désactiver Live Plus (le nom de l’ACR chez LG), la reconnaissance vocale et les publicités personnalisées, puis de refuser les conditions optionnelles. Cette mesure réduit la collecte sans l’annuler : une mise à jour peut réactiver certains traitements, et le scan réseau ne dispose d’aucun interrupteur dans les menus.

Couper le Wi-Fi du téléviseur, lui faire oublier le réseau enregistré et ne jamais lui brancher de câble Ethernet empêche toute adresse IP, donc tout scan et tout envoi. C’est la seule méthode qui traite le problème à la racine.

Cette coupure doit s’accompagner d’un boîtier de streaming branché en HDMI : Apple TV 4K (environ 169 euros), Nvidia Shield, Google TV Streamer (119 euros) ou la box de l’opérateur. Le boîtier seul ne suffit pas si le téléviseur reste connecté, puisque l’ACR analyse aussi les signaux HDMI.

Pour conserver webOS, une voie intermédiaire consiste à placer le téléviseur sur le réseau invité de la box avec isolation entre appareils (proposée par Freebox, Livebox et Bbox), ce qui l’empêche de voir smartphones et montres. Un Pi-hole ou AdGuard Home avec une liste de domaines LG peut couper une partie de la télémétrie. Deux limites subsistent : webOS embarque des résolveurs DNS chiffrés en dur qui contournent ce filtrage, et l’ACR peut envoyer ses empreintes vers des CDN difficiles à bloquer sans casser le streaming.

Un téléviseur déconnecté ne reçoit plus de mises à jour, y compris celles qui corrigeraient des failles d’exécution de code à distance repérées dans webOS. Une reconnexion annuelle permet de les appliquer, en sachant que l’appareil transmettra alors les données mises de côté, audio compris. Les boîtiers de streaming ne sont pas neutres : Google et Amazon vivent de la publicité, même si aucun des deux ne pratique l’ACR sur les entrées HDMI ni l’inventaire du réseau local. L’Apple TV reste la plus sobre du lot.

Ce qui est confirmé, ce qui reste incertain

Sont établis par les mesures : le balayage UPnP du réseau, l’identification d’appareils tiers, la collecte des réseaux Wi-Fi voisins, la persistance du second microphone malgré la coupure logicielle, le stockage audio en l’absence de connexion et la continuité de l’ACR sur les entrées HDMI. La présence de code de proxy résidentiel dans webOS reste à confirmer par une vérification indépendante. On ignore encore si les modèles commercialisés en France partagent les mêmes réglages par défaut et le même périmètre. Une demande d’accès aux données auprès de LG (article 15 du RGPD, réponse sous un mois) et, le cas échéant, une plainte auprès de la CNIL constituent les recours disponibles. Gamers Nexus annonce poursuivre ses analyses sur Samsung, Vizio et d’autres marques.