Le constructeur automobile Tesla a diffusé le 8 septembre une vidéo sur le réseau social X décrivant la méthode de fabrication de son robotaxi Cybercab. Cette méthode, appelée Unboxed, repose sur un assemblage en parallèle des principales sections du véhicule, avant un assemblage final unique. Présentée comme une évolution majeure de la production automobile, elle vise à réduire la longueur de la chaîne de montage de moitié et à accroître la capacité de production.
Le procédé Unboxed
Dans une usine automobile classique, la caisse du véhicule avance le long d’une ligne de montage, où les différents éléments sont greffés au fur et à mesure. Tesla adopte une approche différente pour le Cybercab : les grands modules du véhicule, comme l’avant, l’arrière et le compartiment de la batterie, sont assemblés séparément sur des lignes distinctes, en parallèle. Puis, à la fin du processus, ces modules sont réunis en une seule opération de cadrage. Ce principe, qui avait été évoqué dès 2024 avec un dépôt de brevet, est désormais présenté comme opérationnel. Tesla indique que cette organisation réduit de moitié la longueur de la ligne d’assemblage par rapport à une installation traditionnelle.
Contexte et enjeux industriels
L’objectif affiché par Tesla est de produire environ deux millions de Cybercab par an lorsque l’ensemble de ses usines fonctionnera à pleine capacité. Ce volume correspond, selon le constructeur, à un exemplaire toutes les dix secondes. Elon Musk avait déjà évoqué cette cadence. Le procédé Unboxed, en réduisant l’empreinte de la chaîne de montage, permettrait d’augmenter la capacité sans agrandir les usines ni alourdir les dépenses, ce qui aurait un effet positif sur les marges. Tesla n’est pas seul à explorer des méthodes alternatives : Toyota s’intéresse également à ce type d’assemblage. Dans le secteur du robotaxi, Volkswagen a lancé fin 2025 des essais routiers de son propre véhicule autonome sans volant, le Gen.Urban, circulant déjà à Wolfsburg.
Conséquences pour les utilisateurs et le marché
Le Cybercab, doté de deux places et dépourvu de pédales et de volant, est conçu avant tout pour le service de robotaxi de Tesla. Un service commercial a démarré à Austin, au Texas, avec une supervision à distance par des opérateurs, la réglementation ne considérant pas le véhicule comme de niveau 3. Début septembre, seulement 45 Cybercab environ étaient homologués pour ce service, et les trajets restaient limités à Austin. L’écart entre les ambitions de production et le déploiement effectif demeure donc important. À terme, Tesla espère réduire encore le temps de production pour passer sous les cinq secondes par exemplaire, mais une telle montée en puissance reste progressive. Le prix visé est inférieur à 30 000 dollars, environ 27 500 euros, ce qui ferait du Cybercab le véhicule autonome le moins cher du marché, mais aucun tarif officiel pour les particuliers n’a été confirmé, le véhicule étant d’abord destiné à la flotte interne de robotaxis.
Ce qui est confirmé, c’est la présentation du procédé Unboxed et l’objectif de volume annoncé. Ce qui reste inconnu, ce sont les performances réelles de production en série, le calendrier précis d’extension à d’autres sites et les conditions de déploiement du service au-delà d’Austin.
