Apple élargit discrètement sa gamme d’alimentations avec un modèle atypique : le « 40W Dynamic Power Adapter », référence A3352, désormais commercialisé en Allemagne après une première apparition aux États-Unis. Ce chargeur USB-C d’un genre particulier s’appuie sur la norme USB Power Delivery 3.2 et ses extensions DPS et AVS, deux technologies encore peu répandues. Ce test examine ce que cela change concrètement à l’usage, pour quels appareils ce chargeur est pertinent et où se situent ses limites.
Conception et ergonomie
Le boîtier, aux dimensions de 68 x 45,5 x 28 mm pour 108 g, se situe dans la moyenne de la catégorie des modèles 60 W, mais paraît assez volumineux si on le considère comme un simple chargeur 40 W. Le revêtement blanc brillant et le ventre gris restent dans la lignée esthétique minimaliste d’Apple. La finition n’appelle aucune critique : le châssis est massif et solidement assemblé.
Le principal parti pris concerne les broches secteur escamotables. Un bouton situé sur la face supérieure permet de sortir ou de rétracter les broches. Une fois repliées, la surface est parfaitement plane, ce qui évite tout accroc dans un sac et protège les broches durant le transport. Ce mécanisme s’avère pratique en déplacement, mais ne change rien au gabarit général, qui demeure conséquent pour un chargeur dont la puissance continue est finalement limitée à 40 W.
DPS : un fonctionnement à puissance variable transparent
L’originalité de ce chargeur tient à la gestion de sa puissance. Il est officiellement donné pour 40 W, avec une capacité dynamique de 60 W. Cette répartition repose sur la fonction DPS (Dynamic Power Source) introduite avec USB PD 3.2.
Concrètement, le chargeur annonce à l’appareil connecté qu’il peut fournir temporairement 60 W avant de redescendre à 40 W une fois la température interne trop élevée. Cette négociation est transparente, contrairement aux chargeurs classiques qui se contentent de réduire leur puissance sans prévenir. Les appareils compatibles PD 3.2 reçoivent l’information directement ; les autres, moins récents, subissent simplement une reconnexion lorsqu’ils passent en palier inférieur.
Lors du test rapporté dans le dossier, le chargeur a été capable de maintenir 60 W pendant 25 minutes avant de basculer à 40 W. Ce fonctionnement assume un compromis assumé entre puissance de pointe et encombrement, mais il faut garder en tête que la charge complète d’un MacBook prendra plus de temps qu’avec un chargeur 60 W classique capable de soutenir cette puissance en continu.
Connectique et protocoles pris en charge
Le A3352 ne possède qu’un seul port USB-C. Il délivre jusqu’à 60 W sur les profils PD classiques : 5 V/3 A, 9 V/3 A, 15 V/3 A et 20 V/3 A. Ces valeurs rendent le chargeur compatible avec un large éventail d’appareils, y compris des ordinateurs portables non Apple comme un Dell XPS ou encore une Nintendo Switch 2, ce qui élargit son intérêt au-delà de l’écosystème de la marque.
En revanche, il ne supporte pas le protocole PPS. Cette absence affecte la vitesse de charge des smartphones Android qui s’appuient sur ce standard, notamment ceux de Samsung et de Google. Ces appareils se chargeront, mais à un rythme nettement inférieur à celui qu’offrirait un chargeur compatible PPS. Ce point constitue une limite rédhibitoire pour certains utilisateurs, même si elle n’impacte pas les utilisateurs d’iPhone, d’iPad ou de MacBook.
AVS : une avance technologique
Le chargeur intègre en revanche le nouveau profil AVS dans la plage de puissance standard (SPR). L’AVS, introduit avec la spécification USB PD 3.2 après une première apparition en version étendue avec PD 3.1, permet une modulation plus fine de la tension. Ici, il est présent dans la Standard Power Range, ce qui constitue une première sur un chargeur du marché.
Aucun appareil grand public ne supporte encore l’AVS à ce jour. Ce support relève donc davantage d’une préparation pour l’avenir que d’un avantage immédiat. Si Apple décide d’adopter ce protocole sur ses prochains appareils, ce chargeur sera en mesure d’en tirer parti. En attendant, cette fonction ne change rien à l’usage quotidien et ne doit pas être considérée comme un critère d’achat décisif pour la génération actuelle de terminaux.
Stabilité des tensions et consommation à vide
Les mesures rapportées dans le dossier montrent un comportement exemplaire. Sur la plage 5 V, la tension passe de 5,171 V à vide à 5,038 V sous 3 A, soit une chute d’environ 0,13 V. Sur 9 V, elle oscille entre 9,023 V et 8,890 V, et sur 20 V entre 19,938 V et 19,760 V. La chute la plus importante, sur la plage 20 V, représente moins de 1 % d’écart. Ces valeurs restent très confortablement dans les tolérances du standard et montrent une régulation de qualité, sans variation brutale susceptible d’affecter les appareils.
À vide, la consommation tombe à 0,08 W, une valeur si faible qu’elle est pratiquement négligeable. Ce détail plaide en faveur d’un chargeur que l’on peut laisser branché sans se soucier de sa consommation fantôme.
Efficacité énergétique
L’efficacité mesurée se situe entre 87,8 % au minimum et 92,6 % au maximum, pour une moyenne de 90,8 %. Ce résultat est très bon pour un chargeur de cette catégorie, et la valeur minimale mérite d’être soulignée : elle reste élevée même dans les conditions les moins favorables. Par rapport aux autres modèles de la classe 60/65 W, ce chargeur se place dans le haut du panier, avec un rendement qui limite les pertes thermiques et, par extension, la chauffe du boîtier.
Points forts et points faibles
La qualité de fabrication est irréprochable, et le mécanisme de broches rétractables se montre fonctionnel. La transparence offerte par DPS, l’excellente stabilité des tensions, la faible consommation à vide et le rendement élevé constituent des arguments solides. L’AVS assure une certaine pérennité, même si son intérêt demeure théorique à ce jour.
Les limites sont tout aussi claires. L’absence de PPS pénalise la charge de nombreux smartphones Android. La puissance continue de 40 W peut sembler légère pour un produit vendu comme un chargeur 60 W. Le gabarit est généreux pour un 40 W, et le prix de 45 euros le place au-dessus de concurrents offrant davantage de puissance pour moins cher.
Le verdict
Un chargeur technique de très bon niveau, avec une finition soignée et une gestion de puissance transparente. Il se destine avant tout aux possesseurs d’appareils Apple, qui pourront profiter d’une charge stable et efficace. Son absence de PPS et son prix le rendent moins pertinent pour une utilisation mixte ou pour ceux qui recherchent un meilleur rapport performance/prix.
Notes par critère
Conception et ergonomie
8,5/10
Boîtier massif et très bien assemblé, broches escamotables pratiques. Format un peu volumineux pour un 40 W.
Connectique et protocoles
7,0/10
Un seul port USB-C, profils PD classiques jusqu’à 60 W, AVS supporté mais aucun appareil n’en profite encore. Absence de PPS.
Performances
7,5/10
60 W tenus 25 minutes puis 40 W en continu, annoncé clairement via DPS. Puissance continue limitée pour un usage exigeant.
Stabilité des tensions
9,0/10
Chutes de tension minimes sur toutes les plages, notamment 0,18 V en 20 V, largement dans les tolérances.
Efficacité et consommation
9,0/10
Rendement moyen de 90,8 %, consommation à vide de 0,08 W, excellent.
Note globale : moyenne des critères, à poids égal.
Points forts
- Finition et assemblage de très haute qualité
- Broches escamotables, gain de place et protection en transport
- Très bonne efficacité moyenne (90,8 %) et faible consommation à vide
- Gestion transparente de la puissance via DPS
- Stabilité des tensions exemplaire, AVS prêt pour l’avenir
Points faibles
- Absence de PPS, charge lente sur smartphones Samsung, Google
- Puissance continue limitée à 40 W
- Encombrement et poids élevés pour un 40 W
- Un seul port USB-C
- Prix de 45 € élevé pour les prestations offertes
