Introduction
Après l’EVO-X2, GMKtec renouvelle son offre avec l’EVO-X3, qui embarque le même APU AMD Strix Halo, le Ryzen AI Max+ 395. La nouveauté réside dans le châssis, entièrement redessiné et plus grand, et dans un système de refroidissement nettement plus généreux. L’objectif : permettre à la puce de s’exprimer jusqu’à 140 W de TDP, contre un mode Équilibré contraint sur le boîtier compact de l’EVO-X2. Ce test, mené sur une configuration à 128 Go de mémoire LPDDR5X-8000, dont 64 Go alloués à l’iGPU, et un SSD de 2 To, à 3 499,99 euros, évalue si ce choix de conception porte ses fruits.
Conception et ergonomie
L’EVO-X3 abandonne le format mini PC cubique pour un design évoquant une console de salon. Le boîtier, entièrement métallique, est large et long, mais peu épais. Sa finition est soignée, sans jeu ni craquement, et la grande grille d’aération sur le dessus constitue l’élément visuel central. Ce format a une justification technique : le châssis plus volumineux permet d’installer deux grands ventilateurs reliés par des caloducs, une architecture semblable à celle d’un PC portable gaming, mais verticalisée. Sous charge prolongée, la coque reste froide, signe que la chaleur est correctement évacuée par la grille.
Refroidissement
C’est le point fort de cette machine. Lors des essais, le SoC a plafonné à 67 °C en charge soutenue, une valeur basse pour un Strix Halo qui grimpe couramment à 85–95 °C dans d’autres châssis. La fréquence ne décroche pas, le throttling est plat, et la température n’est jamais le facteur limitant. Côté nuisances sonores, le niveau relevé est de 32,4 dB au repos ou en charge courte, et monte à 48,6 dB en charge lourde prolongée, retombant à 44,7 dB en charge combinée CPU et iGPU. Le bruit est un souffle régulier, sans sifflement. Par rapport à l’EVO-X2, qui se maintenait à 47 dB avec un profil moins agressif, la machine offre une meilleure dissipation pour un niveau sonore équivalent.
Performances
Sur les tests multi-thread, l’EVO-X3 obtient 7 819 points sur Cinebench 2026, soit 11 % de plus que l’EVO-X2 et 24 % de mieux que le Minisforum MS-S1 Max, tous deux équipés de la même puce. Geekbench 6 multi atteint 23 114 points, en hausse de 5 % par rapport à l’EVO-X2. En mono-cœur, les trois machines se valent, aux alentours de 461 points sur Cinebench et 2 979 sur Geekbench 6, car un seul cœur ne sature pas l’enveloppe de puissance. Le passage au mode Performances du BIOS, rendu possible par le refroidissement, apporte +5,5 % en multi-thread sur Cinebench par rapport au mode Balanced, sans différence en mono-cœur. Ce mode est donc pertinent pour les charges soutenues, mais inutile en bureautique.
Mémoire, stockage et GPU
La mémoire LPDDR5X-8000 délivre 72,3 Go/s en bande passante, un niveau conforme aux autres Strix Halo, mais légèrement inférieur à l’EVO-X2 qui utilise des puces à 8 533 MT/s. Cette différence explique les quelques points perdus sur l’iGPU et l’IA. Le point faible de la configuration est le SSD Crucial E100 de 2 To : ses débits séquentiels (5 430 Mo/s en lecture, 4 033 Mo/s en écriture) restent sous les attentes du PCIe Gen5, mais surtout ses performances en accès aléatoire 4K s’effondrent, avec 48 600 IOPS en lecture et 49 600 en écriture, contre environ 595 000 et 470 000 sur l’EVO-X2. Ce résultat suggère un SSD sans cache DRAM, pénalisant pour les bases de données, le multitâche lourd ou la virtualisation. En usage courant, la différence est imperceptible. Le GPU Radeon 8060S atteint 97 806 points sur le test Vulkan, un excellent score pour un iGPU, mais légèrement sous les 102 798 points de l’EVO-X2, toujours à cause de la bande passante réduite.
IA locale
La vocation de la machine, comme celle de son prédécesseur, est l’inférence de modèles de langage en local. Avec 64 Go de VRAM allouée et jusqu’à 95,8 Go adressables par l’iGPU sous Vulkan, l’EVO-X3 fait tourner des modèles allant de 3B à 70B de paramètres. Les résultats sont proches de ceux de l’EVO-X2 : un modèle 3B atteint 96,7 tokens par seconde, un 30B MoE environ 90 tokens/s, un 32B dense 11,4 tokens/s et un 70B 5,3 tokens/s, ce dernier utilisant 43,5 Go de VRAM. Ces débits sont comparables à ceux de l’EVO-X2 sur les gros modèles, mais la machine offre un avantage : le SoC reste à 66 °C en charge combinée CPU + IA, et le niveau sonore demeure raisonnable, ce qui permet de laisser tourner des inférences longues sans gêne. Le réglage BIOS de la VRAM est déterminant : le Minisforum MS-S1 Max, avec un carveout de 2 Go par défaut, obtient des résultats deux fois inférieurs en retombant sur le CPU.
Connectivité et consommation
Côté réseau, l’EVO-X3 est bien équipé avec le Wi-Fi 7 et un port Ethernet 2,5 GbE. Les mesures indiquent 1,66 Gbit/s en débit Ethernet filaire et 2,9 Gbps en Wi-Fi 7, des valeurs élevées qui assurent une connectivité rapide. La consommation au repos est de 14 W, soit moins que l’EVO-X2 (16,6 W), un point important pour une machine destinée à rester allumée. En charge, le plafond mesuré au mur est d’environ 185 W, que ce soit pour un test CPU seul (186 W) ou une charge combinée (184 W). Cette limite est cohérente avec le TDP de 140 W alloué à la puce, auquel s’ajoutent la mémoire, le SSD et les pertes de l’alimentation. L’écart avec l’EVO-X2 (environ 44 % de plus) est à relativiser, car les deux machines n’avaient pas le même profil BIOS. Les gains de performance liés à cette enveloppe supérieure restent modestes (+4 à 5,5 % en multi-thread), mais le principal bénéfice est la marge thermique et le silence.
Conclusion
Face à l’EVO-X2, l’EVO-X3 se distingue par un refroidissement exemplaire et un niveau sonore contenu, qui permettent d’exploiter pleinement le mode Performances du BIOS. En contrepartie, la machine est plus encombrante, son SSD est nettement moins bon en accès aléatoire, et la mémoire à 8 000 MT/s coûte quelques points de performance GPU et IA. Ce n’est donc pas une machine plus rapide, mais plus confortable sous charge. Elle s’adresse avant tout aux développeurs et professionnels qui exécutent des modèles de langage de 30B à 70B en local, pour des usages comme les assistants privés, le RAG sur données sensibles ou la génération de code, et qui recherchent une machine silencieuse et thermiquement stable. Pour la bureautique ou le jeu en haute définition, d’autres solutions seraient plus pertinentes.
Test rédigé à partir des essais et informations du document source. Les notes constituent une appréciation éditoriale de ces éléments. Consulter le test source.
Le verdict
L'EVO-X3 est une évolution réussie du concept EVO-X2. Son boîtier plus grand et son refroidissement efficace permettent d'exploiter pleinement le TDP de 140 W du Ryzen AI Max+ 395, avec des performances CPU en tête des machines comparables testées et un confort thermique et sonore exemplaire. Les principaux défauts sont le SSD d'origine, pénalisant pour les usages intensifs en accès aléatoire, et un format plus encombrant. La machine s'adresse clairement aux professionnels de l'IA locale qui privilégient la stabilité et la discrétion sur de longues sessions.
Notes par critère
Conception et ergonomie
9,0/10
Boîtier tout métal, finitions impeccables, ouverture facile pour accéder aux slots SSD. Format console plus long que les mini PC classiques, mais solide et sobre.
Refroidissement et silence
9,5/10
SoC plafonne à 67 °C sous charge, fréquence stable, châssis froid. Niveau sonore de 32,4 dB en charge courte et 48,6 dB en charge lourde, un souffle sans sifflement.
Performances CPU
9,0/10
Cinebench 2026 multi à 7 819 points, leader des Strix Halo testés. Le mode Performances offre +5,5 % en multi-thread sans pénalité thermique.
Performances GPU et IA
8,5/10
Radeon 8060S à 97 806 points Vulkan, légèrement sous l'EVO-X2. IA locale excellente : 70B entièrement sur iGPU à 5,3 tokens/s, avec confort thermique.
Stockage et extensibilité
3,5/10
SSD Crucial E100 très faible en accès aléatoire 4K (48 600 IOPS), décimé face aux SSD haut de gamme. Deux slots M.2 2280 accessibles, mais mémoire soudée non évolutive.
Connectique et consommation
8,0/10
Wi-Fi 7 et Ethernet 2,5 GbE performants, consommation au repos réduite à 14 W. En charge, plafond de 185 W au mur, acceptable pour 140 W de TDP.
Note globale : moyenne des critères, à poids égal.
Points forts
- Refroidissement remarquable avec SoC à 67 °C sous charge et châssis froid
- Niveau sonore maîtrisé, même en charge lourde
- Performances CPU en tête des machines Strix Halo testées
- IA locale de référence : jusqu'à 70B de paramètres sur l'iGPU
- Deux slots M.2 accessibles pour le stockage
Points faibles
- SSD Crucial E100 très lent en accès aléatoire 4K
- Format console long et large, à anticiper sur un bureau
- Mémoire non évolutive (soudée), propre à la plateforme Strix Halo
