Le Redmi Note 17 5G arrive dans un contexte tendu pour le milieu de gamme. La famille Redmi Note s’était bâtie une réputation sur des fiches techniques généreuses à prix serré. Cette cuvée 2026 prend le contre-pied : Xiaomi rogne l’équipement matériel tout en augmentant la facture. Face à la hausse du coût de la mémoire vive et des composants, le constructeur a choisi de préserver ses marges plutôt que de sacrifier sa rentabilité pour vendre toujours plus.
Le résultat est un appareil plus grand, plus lourd, doté d’une batterie de 7700 mAh, mais qui abandonne le processeur Snapdragon de série 6, l’objectif ultra grand-angle, la stabilisation optique et les haut-parleurs stéréo de son prédécesseur. Il s’adresse donc à un public bien précis : ceux qui privilégient l’écran et l’autonomie et acceptent les compromis sur la puissance et la photo.
Conception : un virage esthétique et un embonpoint spectaculaire
Le Redmi Note 17 5G rompt avec les courbes douces du Redmi Note 15 5G. Il adopte des tranches plates et un écran totalement plat, avec des angles adoucis pour préserver le confort en main. Au dos, le module photo centré et symétrique disparaît au profit d’un bloc asymétrique décalé sur la gauche, signe que le cercle photo n’est plus en vogue chez les constructeurs chinois.
Ce virage stylistique s’accompagne d’un embonpoint marqué, dicté par la batterie de 7700 mAh. L’épaisseur passe de 7,35 mm à 8,45 mm, et le poids bondit de 178 g à 225 g, soit 47 g de plus. Les mensurations atteignent 169,70 mm de hauteur sur 79,14 mm de largeur, contre 164 x 75,42 mm auparavant. Ce bond alourdit nettement la prise en main : l’usage prolongé à une main devient plus fatigant, et l’appareil a tôt fait de sortir trop facilement d’une poche.
Côté finitions, trois coloris sont proposés (Celestial Purple, Sky Teal et Black), associant textures mates et brillantes à des accents métalliques. Le cadre reste en plastique, l’aluminium étant réservé aux modèles Pro. La face avant reçoit un verre Corning Gorilla Glass 7i de bonne tenue, recouvert en usine d’un film de protection. Un large menton reste visible en partie basse, ce qui demeure courant dans cette gamme de prix. Xiaomi reconduit la certification IP65 (protection contre la poussière et les jets d’eau, sans immersion) et la technologie Wet Touch 2.0, utile pour conserver la réactivité tactile avec les doigts humides ou légèrement gras.
Écran : un grand format bien calibré, mais moins lumineux
La dalle de 6,99 pouces est compatible 120 Hz et affiche une définition Full HD+ de 2396 x 1080 pixels, très proche des 2392 x 1080 pixels du Note 15 5G. L’étirement de la diagonale entraîne une baisse mécanique de la densité, à 376 ppp contre 388 ppp auparavant, invisible à l’œil nu. Le principal recul concerne la profondeur de couleur : on repasse en 8-bit contre 12-bit sur la génération précédente, un compromis qui ne se remarque pas en usage classique mais qui compte pour l’édition photo ou vidéo.
Les mesures rapportées confirment un repli de luminosité. Xiaomi promet un pic de 1800 nits et un mode haute luminosité à 1200 nits, contre 3200 nits annoncés sur le Note 15 5G. Les relevés plafonnent à 1161 nits en SDR et 1760 nits en HDR, soit une régression brute de près de 44 % par rapport à la génération précédente. Cela reste suffisant pour déchiffrer des contenus en plein soleil.
La fidélité colorimétrique est en revanche satisfaisante dans le profil Standard. Le DeltaE moyen s’établit à 2,09 en SDR, sous le seuil de 3 à partir duquel l’œil ne discerne plus les dérives. En HDR, il monte à 5,62, sous la valeur repère de 6. La température des couleurs mesurée à 6279 K affiche une dominante très légèrement chaude par rapport à la norme de 6500 K. Aucune couleur ne dérive fortement : pour qui n’a pas peur des grands écrans, c’est un bon allié pour surfer et regarder des vidéos.
Performances : un rétropédalage difficile à justifier
Le passage du Snapdragon 6 Gen 3 au Snapdragon 4 Gen 4 constitue une régression sensible, surtout sur la partie graphique. L’Adreno 613 du nouveau modèle appartient à une génération ancienne et se montre beaucoup moins puissant que l’Adreno 710 du 6 Gen 3, ce qui se ressent immédiatement en rendu GPU et en jeu 3D. Genshin Impact, poussé dans ses options graphiques, tombe à 15 fps ; pour un semblant de jouabilité, il faut tout passer en très faible à 30 fps, avec des oscillations entre 27 et 30 fps. Ce n’est pas un compagnon pour jouer, hormis à de petits jeux.
Le comportement général n’est pas non plus excellent : des lenteurs apparaissent dans l’interface, avec des ralentissements réguliers et des applications qui ne s’ouvrent pas toujours fluidement. Le SoC paraît sous-dimensionné pour la dalle. La mémoire vive recule aussi : de 8 Go, on passe à 6 Go sur la version 256 Go. Xiaomi compense par sa fonction Memory Extension, qui simule jusqu’à 12 Go de RAM totale en puisant dans la mémoire flash, mais l’impact n’est pas équivalent.
Refroidissement : une maîtrise thermique exemplaire
En contrepartie de cette puissance dégradée, le Redmi Note 17 5G affiche un excellent comportement thermique. Son châssis intermédiaire exploite un alliage d’aluminium à haute conductivité thermique. Surtout, son volume en hausse et son épaisseur de 8,45 mm, contre 7,35 mm sur le Note 15 5G, augmentent significativement la surface de dissipation passive. Sous forte sollicitation continue, le processeur n’est jamais poussé au-delà de ses limites physiques : le bridage thermique se révèle quasi inexistant, ce qui garantit une stabilité des performances lors de sessions prolongées de jeu ou de multitâche. Cela ne gomme toutefois pas les microralentissements liés au SoC.
Logiciel : HyperOS 3, mises à jour longues et surcharge applicative
L’appareil tourne sous HyperOS 3, basé sur Android 16. Xiaomi assure les mises à jour du système pendant 4 ans et celles des éléments de sécurité pendant 6 ans. La surcouche s’accompagne de nombreuses applications préinstallées : en excluant les outils Xiaomi (centre de jeux, nettoyeur, app Thèmes), on en compte 24, dont Facebook, Instagram, Temu, Booking et plusieurs jeux. Certaines sont utiles, d’autres beaucoup moins.
Pas d’outils IA d’aide à la rédaction ou à la traduction sur ce modèle, seulement des outils d’édition photo. L’amélioration de la définition se révèle contreproductive, avec un résultat moins bon que l’original et une perte de détail sur tout le cliché. Le reste fonctionne bien, y compris la gomme magique, efficace même sur les visages.
Photo : de lourds sacrifices matériels
Le bloc dorsal abandonne le capteur de 108 Mpx du Note 15 5G au profit d’un capteur de 50 Mpx (f/1,8). Plus dommageable encore pour un appareil lancé à 349 euros, le Note 17 5G perd la stabilisation optique physique, désormais réservée aux déclinaisons Pro. Sans stabilisation mécanique et avec une définition divisée par deux, les prises de vue nocturnes et les vidéos en mouvement deviennent mécaniquement plus sensibles aux flous de bougé.
La polyvalence régresse aussi : le module ultra grand-angle de 8 Mpx (f/2,2) disparaît, laissant un unique angle de vue à l’arrière. La perte de la matrice 108 Mpx élimine le recadrage intra-capteur de qualité optique qui permettait d’exploiter un zoom 3x et quatre longueurs focales (24, 28, 35 et 72 mm) en cropant dans l’image. Le zoom numérique de 50 Mpx montre vite ses limites dès que l’on cherche à isoler un sujet. À l’avant, la caméra selfie logée dans le poinçon central redescend à 16 Mpx avec une ouverture plus sombre à f/2,5, contre 20 Mpx (f/2,2) auparavant.
Xiaomi tente de compenser par le logiciel et l’IA. Le rendu est bon de jour en x1, mais dès le x2 on voit du lifting IA. De nuit, les clichés réussis sont difficiles à obtenir sans beaucoup de lumière. Le temps de déclenchement, variable, gêne la prise sur le vif et favorise les photos un peu floues. Côté vidéo, l’expérience est limitée à 1080p à 30 fps, avec deux ajouts logiciels appréciables : un mode Dual Video enregistrant simultanément avec les caméras avant et arrière pour les réseaux sociaux, et un téléprompteur. Ces fonctions ne remplacent ni l’ultra grand-angle ni la stabilisation matérielle.
Audio et connectivité : la stéréo disparaît
Le Redmi Note 17 5G n’a plus qu’un seul haut-parleur, situé en partie basse à côté du tiroir SIM, et sa qualité n’est pas au rendez-vous. Tout est porté sur les aigus, sans basses : c’est le strict minimum, à réserver aux appels ou à une vidéo occasionnelle.
La connectivité cellulaire est correcte, avec une compatibilité 5G et une bonne réception en région parisienne, sans panne de réseau liée au téléphone. Le tiroir SIM accueille au choix deux nanoSIM ou une nanoSIM et une carte microSD pour étendre le stockage. Pas d’eSIM sur ce modèle, réservée aux versions Pro et Pro Max. On trouve du Wi-Fi 5 et du Bluetooth 5.1.
Autonomie : une batterie géante qui ne tient pas ses promesses
La batterie bondit de 5520 mAh à 7700 mAh, ce qui justifie la prise de poids et les mensurations étirées. En pratique, l’effet escompté n’est pas au rendez-vous. Sur PCMark, le score d’usage mixte atteint 16h, une bonne valeur mais inférieure aux 16h48 du Redmi Note 15 5G, pourtant testé dans les mêmes conditions : rafraîchissement automatique, luminosité à 250 nits et volume à 50 %.
Les tests séparés sont meilleurs. En streaming vidéo, la consommation ne bouge pas : 2h30 de lecture sur Netflix consomment 10 %. En jeu, c’est bien mieux avec -9 % en une heure sur Genshin Impact, même si le jeu 3D n’est pas son point fort. Au global, l’expérience reste bonne et permet de franchir la journée sans problème, mais on pouvait attendre davantage d’une capacité supérieure de 40 %.
La recharge reste filaire, à 45 W comme sur la génération précédente. Le temps de charge est néanmoins plus long en raison de la batterie plus grosse : 22 minutes pour atteindre 25 %, 1 heure pour 60 % et près de 2 heures pour le 100 %. La charge inversée progresse de 18 W à 22,5 W.
Prix : une hausse difficile à absorber
Le Redmi Note 17 5G est lancé le 17 septembre 2026, aux côtés des Note 17 4G, Note 17 Pro 5G et Note 17 Pro Max 5G. En France, deux versions sont proposées : 6+128 Go à 349 euros et 6+256 Go à 379 euros. En janvier dernier, le Redmi Note 15 5G était lancé à 299 euros dans une configuration unique de 8 Go de RAM et 256 Go de stockage.
Une offre de remboursement de 50 euros est proposée du 17 septembre 2026 au 3 janvier 2027, ramenant temporairement le prix effectif à 299 euros pendant la période de lancement. Cela absorbe virtuellement la hausse, mais l’écart de configuration reste. Face à un Samsung Galaxy A18 lui aussi plus cher mais bien moins raboté, la perte paraît trop importante. La prudence commande d’attendre une baisse franche ou de se tourner vers les derniers Redmi Note 15 5G et leurs versions Pro.
Test rédigé à partir des essais et informations du document source. Les notes constituent une appréciation éditoriale de ces éléments. Consulter le test source.
Le verdict
Le Redmi Note 17 5G mise sur une batterie de 7700 mAh et un grand écran bien calibré, mais sacrifie le processeur, la RAM, la photo et l'audio tout en augmentant le prix. La maîtrise thermique et le port microSD sauvent partiellement l'ensemble, sans compenser des régressions trop nombreuses face au Redmi Note 15 5G. À réserver aux usages simples, ou à attendre une baisse franche.
Notes par critère
Conception et ergonomie
5,5/10
Tranches plates et angles adoucis, mais 225 g et 8,45 mm d'épaisseur rendent l'usage à une main fatigant ; verre Gorilla Glass 7i et IP65 compensent partiellement.
Écran
7,5/10
Grande dalle 6,99 pouces 120 Hz bien calibrée (DeltaE 2,09 en SDR) et lisible en plein soleil, mais luminosité en recul de près de 44 % et profondeur 8-bit au lieu de 12-bit.
Performances
3,5/10
Passage du Snapdragon 6 Gen 3 au Snapdragon 4 Gen 4, RAM réduite à 6 Go, lenteurs d'interface et jeu 3D limité à 15 fps en options élevées.
Refroidissement
8,0/10
Châssis en alliage d'aluminium et volume accru limitent le bridage thermique, avec des performances stables sous sollicitation prolongée.
Photo
3,5/10
Capteur 50 Mpx sans stabilisation optique, disparition de l'ultra grand-angle et du zoom par recadrage, selfie 16 Mpx f/2,5, vidéo limitée à 1080p 30 fps.
Autonomie
6,5/10
Batterie de 7700 mAh mais score PCMark de 16h inférieur aux 16h48 du prédécesseur ; recharge complète en près de 2 heures à 45 W.
Logiciel
5,5/10
HyperOS 3 sous Android 16 avec 4 ans de mises à jour système et 6 ans de sécurité, mais 24 applications préinstallées et aucun outil IA de rédaction ou traduction.
Note globale : moyenne des critères, à poids égal.
Points forts
- Écran géant très bien calibré en mode Standard
- Autonomie confortable sur une journée
- Excellente maîtrise thermique sans bridage marqué
- Port carte microSD conservé
Points faibles
- Augmentation tarifaire trop importante au regard des régressions
- Puce Snapdragon 4 Gen 4 poussive et RAM réduite à 6 Go
- Perte de l'ultra grand-angle et de la stabilisation optique
- Capteur avant moins défini et fin de la stéréo avec un seul haut-parleur médiocre
