Le 8 septembre 2026, lors du sommet Lumière à Saint-Paul-de-Vence, Emmanuel Macron a annoncé la création d’un festival international du jeu vidéo en France. Présenté comme un « grand rendez-vous mondial de la création », cet événement viserait à s’imposer comme une référence comparable au Festival de Cannes pour le cinéma ou au Festival d’Angoulême pour la bande dessinée. Selon les informations disponibles, la ville de Montpellier serait pressentie pour accueillir la première édition, dès l’été 2027. Le chef de l’État a également insisté sur la place du jeu vidéo dans la culture française, suggérant son intégration à l’exception culturelle.
Un secteur dynamique, des acteurs déjà en place
La filière française du jeu vidéo pèse environ 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec 575 studios et plus de 10 000 emplois directs, selon des données du Syndicat national du jeu vidéo. Montpellier abrite notamment des studios comme Ubisoft et Sandfall Interactive, à l’origine du récent succès Clair Obscur : Expédition 33, ce qui justifie son choix potentiel. Cependant, le projet doit composer avec des événements déjà bien établis : la Paris Games Week, organisée chaque automne, attire un large public et s’est récemment ouverte à des formats de type festival, avec concerts nocturnes et présence d’influenceurs. De plus en plus d’annonces majeures y sont faites. De son côté, la Gamescom de Cologne, en Allemagne, s’affirme comme la référence européenne : son congrès professionnel a battu un record de fréquentation en 2026 avec plus de 1 100 participants, et a même accueilli pour la première fois un président fédéral allemand en exercice, Frank-Walter Steinmeier.
Un vide laissé par l’E3, mais des défis pratiques
L’annonce intervient dans un contexte où le calendrier mondial du jeu vidéo a perdu son événement majeur nord-américain : l’E3, référence du secteur pendant deux décennies, a fermé définitivement en 2023. Selon certains observateurs, cette disparition laisse une place à prendre pour un rendez-vous mondial. Mais créer un tel festival ne se décrète pas par un simple discours. Les interrogations portent sur le budget, l’organisateur, la date précise et la capacité à réunir les grands éditeurs internationaux. D’ailleurs, Nicolas Vignolles, directeur général du SELL (l’organisation qui gère la Paris Games Week), a réagi en soutenant « tout ce qui peut faire rayonner le jeu vidéo », tout en attendant plus de détails sur l’implication des grands éditeurs étrangers.
Conséquences pour les joueurs et l’industrie
Si le projet aboutit, les joueurs français pourraient bénéficier d’un événement supplémentaire dédié à la création, avec des annonces, des démonstrations et des rencontres. Pour les studios locaux, une vitrine mondiale serait un atout non négligeable, à condition que le festival attire réellement un public international. Cependant, la réussite dépendra de la capacité des organisateurs à se différencier de la Paris Games Week et de la Gamescom, tout en répondant aux attentes des professionnels. Le calendrier semble serré : une première édition à l’été 2027 impliquerait des préparatifs intensifs dans les prochains mois.
Ce qui est confirmé et ce qui reste flou
À ce stade, seul le principe d’un festival international du jeu vidéo en France a été annoncé par le président de la République. La localisation à Montpellier, la date de 2027 et même le nom de l’événement ne sont pas officiellement confirmés. Les détails sur le budget, le modèle économique et le calendrier exact restent inconnus. Les acteurs du secteur, bien que favorables à l’initiative, demeurent dans l’attente d’informations concrètes. Sans ces précisions, il est difficile d’évaluer la portée réelle de ce projet, qui pourrait soit combler un vide dans le calendrier mondial, soit s’ajouter à une offre déjà dense en Europe.
